gaspillage alimentaire à n’djamena : un défi croissant pendant le mois sacré

Le gaspillage alimentaire en hausse à N’Djamena durant le Ramadan

À N’Djamena, la capitale tchadienne, les déchets alimentaires s’accumulent chaque soir après l’iftar, mettant en lumière un problème de gaspillage durant le mois sacré du Ramadan.

Durant cette période, la consommation alimentaire dans la capitale tchadienne explose, avec une affluence inédite dans les marchés pour s’approvisionner en produits tels que le riz, la viande, l’huile, le sucre et diverses boissons locales. Selon des études basées sur les comportements de consommation, un ménage urbain est susceptible de cuisiner entre 20 et 30 % de plus que ses besoins réels. Ce surplus pourrait se traduire, sur un mois, par un gaspillage allant de 6 à 10 kilogrammes de nourriture par foyer. À l’échelle de la ville, peuplée de plus d’un million d’habitants, ce phénomène pourrait potentiellement atteindre plusieurs centaines de tonnes de denrées alimentaires gaspillées dans le seul mois de Ramadan, d’autant plus que certaines familles jettent régulièrement leurs restes.

Ce gaspillage alimentaire se produit dans un contexte de hausse des prix des denrées de première nécessité. De nombreuses familles tchadiennes éprouvent déjà des difficultés à gérer l’augmentation du coût de la vie, notamment en ce qui concerne la viande, les céréales et l’huile. Ainsi, pendant que certains foyers se débarrassent de surplus alimentaires après l’iftar, d’autres se contentent d’un repas modeste, parfois insuffisant. Cette disparité suscite des débats croissants au sein de la population.

Face à ce constat inquiétant, des responsables religieux encouragent à la modération et à la solidarité. Ils rappellent que le Ramadan incarne des valeurs de partage et de compassion, et que le gaspillage de nourriture va à l’encontre de ces principes. Plusieurs voix, tant religieuses que citoyennes, s’élèvent pour suggérer des solutions simples mais efficaces comme la réduction des quantités préparées, la planification des repas ou encore la redistribution des excédents aux personnes dans le besoin. Un jeune homme, engagé dans cette réflexion, souligne : « Il ne faut pas jeter la nourriture à la poubelle. Il vaut mieux la donner aux mendiants ou aux voisins qui ont besoin de manger. » Une mère de famille renchérit : « Certains veulent manger mais cela ne leur suffit pas. Il faut partager ou bien préparer selon ses moyens. C’est mieux que de gaspiller. »

Dans ce contexte, le mois sacré pourrait devenir une occasion précieuse de renouer avec les valeurs de solidarité et d’entraide qui unissent la société tchadienne. En luttant contre le gaspillage alimentaire, les habitants de N’Djamena pourraient non seulement alléger la pression sur les ressources alimentaires, mais également contribuer à une meilleure cohésion sociale.

Le gaspillage alimentaire à N’Djamena met ainsi en lumière une contradiction frappante dans une période qui devrait, par définition, encourager le partage et la communauté. Ce phénomène invite à réfléchir sur les choix alimentaires de chacun et sur les répercussions de ces choix sur les plus vulnérables.