Grève de 3 jours des enseignants à l’université de Pala

Les salles de cours de l’université de Pala, située dans la région du Mayo Kebbi Ouest, sont restées silencieuses ce lundi, suite à une grève d’avertissement lancée par les enseignants-chercheurs de l’établissement. Les membres de la section de Pala du Syndicat national des enseignants-chercheurs du supérieur (SYNECS-UP) ont décidé de suspendre leurs activités pédagogiques pour une durée de 72 heures.

Cette décision a été prise lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le samedi 24 octobre. À partir de 8 heures ce lundi 26 octobre, les amphithéâtres de l’université n’accueillent plus ni cours magistraux, ni travaux dirigés ni aucune autre activité académique, conformément au plan de grève annoncé.

Le Secrétaire Général de la section, Dr. Amboussidi Fangbo, a exprimé dans un communiqué les raisons de ce mouvement social. Parmi les principaux points de revendication, il est notamment question du paiement des heures supplémentaires effectuées pendant les années académiques 2023-2024 et 2024-2025. Les enseignants réclament également le règlement des frais relatifs aux commissions de recrutement pour les années 2024-2025, 2025-2026 et 2026-2027, ainsi que le versement des frais de jury pour l’année 2025-2026.

Au-delà des questions financières, les revendications incluent également l’amélioration des conditions de travail sur le campus. Ceci englobe notamment le rétablissement et la garantie d’un accès régulier à l’électricité. Les enseignants dénoncent également le retard dans l’affiliation de l’université à l’agence universitaire de la francophonie, un élément jugé essentiel pour l’intégration académique et la reconnaissance internationale de l’institution.

Le communiqué du SYNECS souligne que cette grève d’avertissement ne vise pas à rompre le dialogue avec les autorités compétentes. Au contraire, elle est conçue comme un appel urgent à l’attention pour qu’une solution rapide et tangible soit apportée aux problèmes soulevés. Les enseignants déclarent qu’ils sont prêts à participer à toute forme de concertation pouvant permettre de résoudre leurs revendications de manière satisfaisante.

Cependant, ils préviennent également que si aucune mesure n’est prise pour répondre aux inquiétudes exprimées, le syndicat se réserve le droit d’intensifier son action syndicale, en conformité avec les dispositions légales en vigueur.

Cette grève survient dans un contexte plus large de revendications enseignantes dans plusieurs institutions d’enseignement supérieur du pays, où des doléances similaires concernant les conditions de vie et de travail sont régulièrement rapportées. Pour les étudiants de l’université de Pala, l’absence de cours représente une perturbation notable de leur parcours académique, bien que beaucoup expriment une certaine solidarité avec les enseignants dans leur lutte pour de meilleures conditions.

Le regard est désormais tourné vers les autorités académiques et gouvernementales pour savoir comment elles vont réagir face à ce mouvement. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si les discussions entamées aboutiront à un compromis ou si une escalade dans les actions syndicales est à prévoir. En attendant, le campus de Pala reste en veille, à l’écoute de la prochaine évolution de cette situation.