Grèves dans l’éducation : le gouvernement décide de ne plus payer les absences

Tensions autour de la grève des enseignants à N’Djamena : Le gouvernement tchadien réagit fermement

La situation éducative au Tchad continue de faire face à des turbulences avec une nouvelle grève déclenchée par le Syndicat des enseignants du Tchad (SET) dans la capitale N’Djamena, soutenue par diverses sections provinciales.

Le 20 février 2026, deux figures clés du gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale et de la Promotion civique, Dr Aboubakar Assidick Choroma, et son homologue de la Fonction publique, Abdoulaye Mbodou Mbami, ont fait front commun en s’exprimant sur la grève menée par le SET. Cette mobilisation intervient après que le syndicat a réussi à faire adopter le décret 2850 sur le statut particulier des enseignants en novembre 2025. Cependant, l’application de ce décret rencontre des obstacles, notamment son absence dans le budget 2026. Frustrés par le ralentissement des négociations pour la mise en œuvre de ce décret, la section de N’Djamena et d’autres, comme le Mayo Boneye dans le Mayo Kebbi Est et le Chari-Baguirmi, ont entamé un mouvement social dès le 16 février 2026.

Face à ces revendications, le gouvernement a dénoncé une "violation des procédures", arguant que la grève n’est pas motivée par des retards de paiement de salaires. En réponse, les autorités ont décidé de ne pas rémunérer les jours de grève. Cette décision met la section de N’Djamena devant la responsabilité de supporter le coût financier de la grève.

Selon le gouvernement, un consensus avait été trouvé sur un chronogramme dans le cadre du futur protocole d’accord relatif au décret No 2850. Ce calendrier, validé par une commission paritaire impliquant les ministères clés, prévoyait des discussions jusqu’au 3 avril 2026. Le gouvernement se dit surpris par l’appel soudain à la grève de la section de N’Djamena, qui n’avait, semble-t-il, émis aucun préavis.

La réaction du syndicat ne s’est pas fait attendre. Abdelkadre Djibia, secrétaire général de la section SET de N’Djamena, a réaffirmé leur détermination à poursuivre la grève afin de revendiquer leurs droits. Ce mouvement intervient dans un contexte où, le 19 février 2026, une note du trésorier payeur général adressée aux banques demandait l’annulation des virements de salaires pour cause de "calculs erronés", alimentant davantage les tensions.

Cette situation met en lumière la complexité des relations entre le gouvernement tchadien et les syndicats d’enseignants, soulignant l’enjeu crucial de la gestion des réformes éducatives et financières. L’évolution de ces pourparlers sera déterminante pour l’avenir du secteur éducatif au Tchad.