Guinée : première raffinerie d’or inaugurée après le Burkina Faso

La Guinée a franchi une étape significative dans le domaine de la transformation minière en inaugurant sa première raffinerie d’or, nommée Nimba Gold Refinery (NGR), située à Gbessia, au cœur de la capitale Conakry. Cet évènement, survenu dimanche, marque une avancée majeure dans la stratégie du pays visant à optimiser la valorisation de ses ressources minières localement. Cette inauguration suit de près celle d’une installation similaire au Burkina Faso, signalant un mouvement plus large sur le continent vers l’industrialisation locale du secteur minier.

La cérémonie d’inauguration a été présidée par le chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya, qui a exprimé sa satisfaction face à ce développement. La raffinerie Nimba Gold Refinery possède une capacité impressionnante de raffinage de 733 tonnes d’or par an. Un potentiel qui dépasse largement la production annuelle d’or de la Guinée, estimée à 70 tonnes en 2025. Cette capacité excédentaire montre l’ambition de la Guinée d’anticiper une augmentation significative de sa production nationale tout en envisageant des partenariats régionaux ou internationaux.

Jusqu’à présent, la Guinée exportait la majorité de son or à l’état brut, le privant ainsi des avantages économiques liés au raffinage local. L’ouverture de cette raffinerie représente un tournant dans la politique économique du pays, promettant non seulement une valeur ajoutée accrue pour l’or guinéen, mais aussi un contrôle renforcé de l’État sur l’ensemble de la chaîne de production et de commercialisation. En centralisant le raffinage de l’or à l’intérieur de ses frontières, la Guinée espère conserver une proportion plus significative des profits issus de ses richesses naturelles.

Les officiels guinéens ont aussi annoncé leur intention de progressivement mettre en place une réglementation rendant obligatoire le raffinage de l’or à l’intérieur du pays. Cette approche vise à limiter les pertes économiques dues à l’exportation de minerais non transformés, maximisant ainsi les bénéfices économiques et sociaux pour le pays.

Cette inauguration s’inscrit dans un contexte plus large, où de nombreux pays africains, riches en ressources naturelles, cherchent à réduire leur dépendance aux infrastructures de raffinage étrangères. En effet, fin septembre, le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, avait également inauguré une raffinerie comparable, RAFFINOR-BF à Ouagadougou, avec une capacité initiale de 164 tonnes d’or par an.

Ces initiatives traduisent une volonté croissante des pays africains producteurs d’or d’exercer un contrôle plus direct et durable sur leurs industries extractives. En retenant une part plus significative de la valeur ajoutée générée par leurs ressources, ces pays espèrent améliorer leurs économies locales et renforcer leur position sur le marché international.

Le succès réel de ces projets reposera néanmoins sur la capacité des nouvelles installations à fonctionner efficacement et à traiter des volumes conséquents d’or. L’évaluation de leur impact sera cruciale pour déterminer dans quelle mesure ces projets contribueront à la transformation des industries aurifères nationales. Alors que la Guinée et le Burkina Faso ouvrent la voie, d’autres pays aux potentiels miniers similaires pourraient être encouragés à suivre cet exemple, initiant ainsi une nouvelle ère de transformation industrielle en Afrique.