Huit ans pour la paix : un nouvel élan contre l’extrémisme
Le CEDPE : un acteur clé dans la recherche et la prévention des violences
Le président du CEDPE, Dr Ahmat Yacoub Dabio, a affirmé que son institution, collaborant avec diverses structures nationales et internationales, joue un rôle essentiel dans la recherche, la prévention de l’extrémisme violent et la promotion de la paix.
Lors d’une récente intervention, Dr Dabio a rappelé que le CEDPE a établi des partenariats avec plusieurs organisations pour mener à bien sa mission. À ce jour, le centre a publié 42 ouvrages, accessibles au public, qui témoignent de son engagement intellectuel et scientifique. En 2023, un ensemble de 32 publications a été remis au Président de la République, une initiative qui a renforcé la visibilité des travaux du CEDPE. L’année suivante, une nouvelle série d’ouvrages a été présentée au Premier ministre de l’époque, Succès Masra Kebzabo. Ce dernier, surpris par l’ampleur du travail réalisé, avait exprimé sa volonté de collaborer avec le centre. Cependant, ce processus de partenariat n’a pas pu se poursuivre en raison d’un changement dans la direction du gouvernement.
Dr Dabio a également insisté sur le caractère apolitique du CEDPE, affirmant qu’il n’affiche aucune préférence politique, que ce soit pour un parti ou une opposition militarisée. « Notre mission est de produire des analyses indépendantes, d’attirer l’attention sur les violations des droits de l’homme ainsi que sur la corruption, sans prendre partie », a précisé le président. Malgré certaines incompréhensions par rapport à son approche, le CEDPE demeure déterminé à continuer son travail de plaidoyer et de surveillance citoyenne, espérant établir à terme un dialogue constructif avec les autorités et la société civile.
Concernant la situation au Soudan, Dr Dabio a rappelé les alertes qu’il a émises au début du conflit. Il a évoqué les efforts du CEDPE pour plaider en faveur d’une force d’interposition à El Geneina, afin de prévenir les massacres et la crise des réfugiés se dirigeant vers le Tchad. « Nous n’avions pas été entendus, et nos propositions ont même suscité des critiques. Malheureusement, les massacres se sont produits, entraînant une crise humanitaire d’une ampleur tragique », a-t-il déploré.
Selon le président du CEDPE, le gouvernement tchadien, qui entretenait alors des relations constructives avec les deux belligérants, aurait pu agir plus rapidement pour mener une médiation et limiter l’escalade des violences. Dr Dabio a dressé un état des lieux militaire actuel : au début du conflit, les Forces de soutien rapide (FSR) contrôlaient près de 80 % du territoire soudanais. Ce chiffre a drastiquement chuté, les FSR ne détenant plus que 45 % du territoire, alors que l’armée soudanaise en contrôle désormais 55 %.
L’intervention de Dr Dabio met en lumière l’importance du CEDPE dans la recherche et la documentation des conflits, ainsi que son engagement pour des partenariats constructifs avec les autorités. Son discours souligne également la responsabilité qui incombe aux gouvernements dans la gestion des crises et leur impact sur la population civile.