Huit trafiquants condamnés pour atteinte à la faune en 2025 : un point tournant pour la protection des espèces.

Lutte contre le commerce illégal d’espèces sauvages au Cameroun : des peines aggravées et de nouvelles interpellations

L’année précédente, huit trafiquants de faune sauvage ont été condamnés à des peines de prison assorties d’amendes pour leur implication dans le commerce illégal d’espèces protégées au Cameroun.

En décembre 2022, ces individus ont été interpellés en possession de 28 perroquets gris à queue rouge, une espèce intégralement protégée. Lors d’un des jugements, trois d’entre eux ont été condamnés à six mois de prison et à une amende de 400 000 FCFA. Ces sanctions font partie des dispositions prévues par la loi camerounaise de 1994 sur la faune sauvage, qui stipule des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement en cas de culpabilité.

Cependant, une nouvelle législation, adoptée en 2024, renforce considérablement les sanctions. L’article 173 de cette nouvelle loi stipule que quiconque abattre, détient ou commercialise des espèces sauvages protégées s’expose à des peines de 15 à 20 ans de prison, accompagnées d’amendes variant de 20 à 50 millions de francs CFA. Cette réforme juridique confirme le caractère criminel de cette infraction et ouvre la voie à des poursuites judiciaires plus rigoureuses.

Actuellement, deux affaires liées à ces infractions sont pendantes devant le juge d’instruction. Dans l’une d’elles, trois trafiquants ont été arrêtés en décembre dernier à Bertoua, dans la région de l’Est, pour détention illégale de 64 perroquets gris à queue rouge. Une autre interpellation a eu lieu le 17 décembre à Yaoundé, où deux trafiquants ont été appréhendés alors qu’ils tentaient de vendre illégalement deux peaux de panthère. Cette espèce, tout aussi protégée, est sous le coup d’une enquête devant un juge d’instruction à Yaoundé. Si les accusés sont déclarés coupables, ils risquent jusqu’à 20 ans de prison.

Les opérations de ces arrestations sont le fruit d’une collaboration entre le ministère des Forêts et de la Faune et LAGA, une organisation non gouvernementale spécialisée dans la protection de la faune. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie visant à combattre le commerce illégal d’espèces sauvages, un phénomène en constante évolution, intégrant de plus en plus des technologies modernes et des mécanismes complexes comme le blanchiment de capitaux.

Face à cette réalité alarmante, les acteurs de la conservation se sont réunis à Douala pour renforcer l’application des lois sur la faune. Lors de cette rencontre, des experts du WWF et des représentants d’administrations publiques ont collaboré à la révision du plan d’action régional, dénommé PAPECALF 2. Ce cadre stratégique vise à renforcer l’effectivité des normes de protection de la faune à l’échelle sous-régionale.

Luc Evouna, expert du WWF présent lors de cette réunion, a souligné la nécessité de réviser le plan d’action des pays membres de la COMIFAC pour intégrer les nouvelles formes de criminalité, telles que le blanchiment d’argent lié aux trafics et la cybercriminalité.

En somme, une mise à jour du cadre législatif et une stratégie renforcée s’avèrent indispensables pour faire face aux défis croissants posés par le trafic d’espèces sauvages au Cameroun. Les récentes législations témoignent d’un engagement renouvelé pour protéger les espèces menacées et combattre les réseaux criminels actifs dans ce domaine.