Innovation en lutte antiterroriste : sécuriser l’économie face aux nouvelles menaces

Renforcer la sécurité et le développement en Afrique de l’Est : le général Anderson souligne l’importance d’une approche intégrée

Le général Anderson, en poste depuis août 2025, a récemment visité l’Afrique de l’Est pour promouvoir l’idée que sécurité et développement économique sont indissociables.

Au cours de sa mission, le général a été accompagné du vice-secrétaire d’État Christopher Landau dans les pays de la région, à savoir l’Éthiopie, le Kenya et Djibouti. Cette tournée avait un objectif clair : dialoguer avec les partenaires locaux pour définir des intérêts communs, tout en réaffirmant que la sécurité constitue un pivot essentiel pour la stabilité et, par conséquent, pour l’investissement et la prospérité économique.

La discussion a mis en lumière plusieurs projets concrets illustrant comment des investissements sécuritaires peuvent soutenir la dynamique économique locale. Parmi les exemples cités figurent la construction d’une piste à Manda Bay, intégrée dans un corridor à vocation économique, ainsi que les échanges avec l’Union africaine sur la synergie entre sécurité et économie.

Le général Anderson a également attiré l’attention sur la menace croissante du terrorisme, notamment en raison de l’extension des groupes affiliés à l’État islamique (ISIS) et à Al-Qaïda. En Afrique de l’Est, les discussions ont particulièrement tourné autour d’Al-Shabaab, un groupe que l’on cherche à affaiblir. Les inquiétudes concernant l’évolution de la menace et le soutien régional ont été mises en avant.

Dans le cadre de l’Afrique de l’Ouest, les forces d’AFRICOM signalent une intensification des activités des groupes armés, avec une mention spéciale pour JNIM, ce qui pourrait aggraver la situation dans les pays côtiers du golfe de Guinée. Dans ce contexte, la coopération avec le Nigeria a été soulignée, ce dernier étant présenté comme un modèle de partenariat efficace, surtout sur des questions de renseignement et de coordination opérationnelle.

Concernant les exercices militaires prévus pour 2026, le général Anderson a décrit un agenda orienté vers le multilatéralisme et l’interopérabilité. Parmi les initiatives notables, on retrouve l’exercice African Lion, piloté depuis le Maroc, et impliquant plusieurs pays comme la Tunisie, le Ghana et le Sénégal. D’autres exercices incluent Cutlass Express, axé sur des opérations maritimes, ainsi que Justified Accord, qui sera organisé depuis le Kenya avec des activités en Tanzanie et Djibouti. Des actions spécifiques liées aux forces spéciales, telles que Flintlock, sont également programmées, mettant en place un hub en Côte d’Ivoire.

Le sergent-major Banfield a précisé que ces exercices sont cruciaux, car les opérations multinationales sont souvent complexes et nécessitent un entraînement régulier pour développer une capacité d’action conjointe réellement efficace.

La discussion autour des frappes américaines en Somalie a également été un sujet de préoccupation. Le général Anderson a justifié ces interventions comme un soutien critique aux forces locales, en évoquant des opérations effectuées dans les montagnes Golis, au Puntland, visant des éléments associés à Daesh. Il a souligné que ces frappes aident à maintenir la pression sur les groupes armés, tout en réduisant leur espace d’opération.

Bien que la lutte contre le terrorisme sur le terrain soit une priorité, AFRICOM met également en avant la surveillance maritime, considérée comme essentielle pour combattre les activités illicites telles que les trafics, la piraterie et la pêche illégale. La sécurisation des côtes et des frontières maritimes est également mise en avant. Le sergent-major Banfield a insisté sur la nécessité d’une dynamique d’innovation où les technologies pourraient être partagées avec les partenaires africains, tout en tirant également des leçons de leurs adaptations locales.

Enfin, le général Anderson a souligné sa volonté de promouvoir une approche plus intégrée dans la coopération internationale, visant à réunir les volets militaires et économiques. Il a présenté AFRICOM comme un facilitateur capable de rapprocher divers acteurs autour des thématiques de sécurité et de stabilité, pouvant mener à des investissements et une prospérité partagée.

Cette visite du général Anderson en Afrique de l’Est illustre bien les enjeux contemporains de sécurité et de développement. Le croisement des priorités sécuritaires avec le soutien à l’économie locale pourrait constituer une clé pour un avenir plus stable et prospère pour la région.