Insécurité routière : un combat urgent pour sauver des vies au quotidien
Insécurité routière au Tchad : un fléau silencieux qui ravage des vies
Au Tchad, l’état des routes et le comportement des usagers plongent le pays dans une spirale de tragédies quotidiennes sur les routes, laissant des familles endeuillées et de nombreuses victimes.
Chaque jour, la circulation au Tchad se transforme en un véritable parcours du combattant. Des accidents de la route surviennent sans relâche, endeuillant de nombreuses familles et laissant derrière eux des blessés aux conséquences parfois irréversibles. Qu’il s’agisse de collisions frontales sur les routes interurbaines, d’accidents de moto-taxis en milieu urbain, ou de camions surchargés qui se retournent, l’insécurité routière est devenue un enjeu de santé publique majeur, trop souvent sous-estimé.
Une hécatombe silencieuse
D’après les constatations des autorités de sécurité et des structures médicales, les accidents de la route figurent parmi les principales causes de mortalité non naturelle au Tchad. Néanmoins, il est difficile d’évaluer l’ampleur exacte de ce phénomène, en raison d’un manque de statistiques fiables et centralisées. Dans les hôpitaux du pays, les médecins et les infirmiers témoignent d’un afflux constant de victimes, souvent dans des conditions critiques. Les traumatismes crâniens, les fractures ouvertes et les blessures internes semblent être devenus des réalités tristement communes.
Cette violence routière affecte toutes les couches de la population, mais elle touche particulièrement les jeunes, qui sont les principaux utilisateurs des motos et des transports informels.
Des routes dégradées et dangereuses
L’un des principaux facteurs de cette insécurité routière réside dans l’état déplorable des infrastructures. Les routes sont jonchées de nids-de-poule, souvent étroites ou non bitumées, et manquent cruellement de signalisation efficace. À la saison des pluies, certaines d’entre elles deviennent de véritables trompes-l’œil, favorisant les sorties de route et les collisions.
En milieu urbain, la situation est tout aussi préoccupante. Dans des villes comme N’Djamena et d’autres centres provinciaux, la cohabitation entre voitures, motos, piétons, charrettes et camions se fait souvent dans le chaos, sans régulations claires sur des axes mal conçus.
L’indiscipline des usagers
Au-delà des infrastructures, le comportement des usagers de la route est un facteur déterminant. Les excès de vitesse, le non-respect des feux tricolores, les dépassements dangereux et la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants sont des infractions fréquentes, souvent sans réelles sanctions. Le port du casque reste largement négligé par les motocyclistes, malgré les campagnes de sensibilisation qui tentent de rappeler son importance. Ainsi, nombreux sont ceux qui circulent sans protection, parfois transportant plusieurs passagers, y compris des enfants, ce qui expose leurs vies à un danger majeur.
Des véhicules en mauvais état
Le parc automobile du Tchad est, pour sa majorité, constitué de véhicules anciens, souvent importés d’occasion et rarement soumis à des contrôles techniques rigoureux. Beaucoup de ces voitures présentent des problèmes mécaniques alarmants tels que des freins défectueux ou des pneus usés. En outre, les camions surchargés, omniprésents sur les routes interurbaines, exacerbent la situation en augmentant considérablement le risque d’accidents graves tout en contribuant à la dégradation rapide des infrastructures routières.
Faiblesse des contrôles et de la prévention
La lutte contre l’insécurité routière est également entravée par la faiblesse des dispositifs de contrôle. Les opérations menées par la police et la gendarmerie s’avèrent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène. De surcroît, certains contrôles sont perçus comme arbitraires, engendrant une méfiance des citoyens à l’égard des autorités de sécurité.
Parallèlement, l’éducation routière est rudimentaire. De nombreux usagers n’ont jamais reçu de formation adéquate sur la conduite et ignorent ou négligent les règles de base du code de la route.
Un lourd coût humain et économique
Les conséquences de cette insécurité routière vont bien au-delà des tragédies humaines. Chaque accident grave engendre un coût financier élevé pour des familles déjà vulnérables, incluant des frais médicaux, la perte de revenus et la prise en charge de personnes devenues handicapées. Pour l’État, cela se traduit par une pression accrue sur le système de santé, sans compter les pertes de forces vives qui représentent une charge économique majeure.
Quelles solutions face au fléau ?
Devant cette situation préoccupante, les experts soulignent l’urgence d’une approche globale. L’amélioration des infrastructures routières doit s’accompagner d’un renforcement des contrôles, qui doivent être équitables et transparents. La formation des conducteurs, la généralisation du contrôle technique et la sensibilisation continue des usagers à la sécurité routière sont autant de mesures jugées indispensables.
Cependant, au-delà des solutions techniques, un changement de comportement au sein de la population est crucial. Il est impératif de faire de la sécurité routière une priorité nationale, ce qui équivaut à reconnaître que chaque vie humaine compte.
Tant que les routes tchadiennes continueront d’être synonymes de danger, l’insécurité routière poursuivra sa course tragique, tuant dans une indifférence préoccupante. Un drame quotidien qui appelle à des réponses urgentes, durables et responsables.