
Investir dans l’Éducation : Le Pilier du Progrès Selon Bolmbari Ngolaou, Secrétaire Général du SET
"Urgence Éducative au Tchad : Vers un Engagement Réel et Durable"
Alors qu’une série d’événements tragiques secoue le Tchad, une question cruciale émerge : l’éducation est-elle la grande oubliée des priorités nationales ? Le décès de cinq élèves suite à l’effondrement d’un bâtiment scolaire à Pala, dans le Mayo-Kebbi Ouest, et l’agression d’un enseignant à Moundou appellent à une profonde introspection. Bolmbari Ngolaou, secrétaire général du Syndicat des enseignants du Tchad (SET), interpelle l’État tchadien sur sa responsabilité de faire de l’éducation une priorité clé.
Le Contexte Tragique de Pala: Quand un Bâtiment Devenu Piège Coûte la Vie à Cinq Enfants
Le drame survenu à Pala laisse la communauté sous le choc : cinq jeunes vies perdues et une quarantaine d’autres bouleversées par des blessures lorsqu’une portion vétuste du bâtiment scolaire s’est effondrée. Ce bâtiment, dont les fondations remontent à l’époque coloniale, révèle un terrible manque d’entretien. "Notre pays, riche en ressources pétrolières, ne devrait pas tolérer l’existence d’infrastructures scolaires aussi dégradées", déclare Bolmbari Ngolaou. Cette catastrophe relance le débat sur la qualité et la sécurité des infrastructures éducatives au Tchad.
Historique et État des Lieux: Les Salles de Classe "Poto Poto"
Construire des salles de classe avec des "poto poto" (terre) et des murs en ciment trahit un manque flagrant d’investissement dans l’infrastructure éducative. Le danger était prévisible, et l’accident aurait pu être évité avec des actions concrètes et proactives envers l’amélioration des bâtiments scolaires existants. Selon Ngolaou, "voir des enfants étudier dans des hangars en paille ou en structures précaires est une honte nationale".
L’Encadrement des Enseignants: Un Métier Menacé
Alors que le pays pleure la perte d’élèves à Pala, une autre crise explose sur le front éducatif à Moundou où un enseignant a été agressé par ses propres élèves. "Les enseignants doivent être respectés et considérés comme des figures parentales", souligne Ngolaou, appelant à des mesures punitives rigoureuses pour décourager de tels comportements. Une enquête a été ouverte, mais cela souligne un besoin urgent de restaurer le respect et la sécurité dans les environnements scolaires.
L’Impact Psychologique sur le Corps Enseignant
Les récents événements ont provoqué un climat d’insécurité pour le corps enseignant. Les incidents à Pala et Moundou sont deux faces d’une même médaille : celle de la négligence envers l’éducation. Pour Bolmbari Ngolaou, protéger les enseignants et réinstaurer une discipline scolaire rigoureuse sont deux piliers d’une reconstruction nécessaire.
L’État et L’Éducation: Vers une Priorité Nationale Incontournable
Dans une nation où les ressources naturelles sont abondantes, il est inconcevable que l’état des écoles soit aussi délabré. "La gestion des richesses doit s’aligner avec des investissements massifs dans l’éducation", insiste Ngolaou. Faire de l’éducation une priorité n’est pas seulement une obligation morale mais aussi une exigence pour le progrès social et économique continu du Tchad.
Modernisation et Réhabilitation des Infrastructures
Le Tchad est à un carrefour décisif où la modernisation des infrastructures éducatives n’est pas simplement souhaitable mais indispensable. En relançant ce chantier, l’État a l’opportunité de transformer l’indignation actuelle en une action qui apportera des bénéfices réels et tangibles aux générations futures.
Perspectives d’Avenir: Bâtir un Système Éducatif Résilient
En guise de perspectives, Ngolaou et le SET s’engagent à visiter Pala pour rendre hommage aux familles endeuillées et évaluer la situation. Gageons qu’à leur retour, un bilan exhaustif donnera naissance à des propositions concrètes pour revitaliser le système éducatif. Ce qui est en jeu, c’est l’avancée même du Tchad sur la scène internationale en tant que nation résiliente et progressiste.
"Si nous négligeons l’école, cela veut dire que nous avons tourné le dos au progrès", conclut Ngolaou. Ce constat, à la fois douloureux et salvateur, doit être le moteur d’une véritable révolution éducative au Tchad. Pour l’avenir de ses enfants et pour le développement durable de la nation, il est urgent d’agir, de réparer et d’investir massivement dans l’éducation. Le monde entier observe, et la responsabilité repose entre les mains des décideurs nationaux.