Issa Tchiroma lance un mouvement de trois jours de « villes mortes » pour contester la réélection de Paul Biya.

Protestations au Cameroun : Trois jours de « villes mortes » annoncés contre la réélection de Paul Biya

Issa Tchiroma, opposant politique, a proclamé un mouvement de trois jours de « villes mortes » sur l’ensemble du territoire camerounais, du 3 au 5 novembre 2025, pour contester la réélection de Paul Biya, officialisée par le Conseil Constitutionnel.

Dans une déclaration longue et pressante, Tchiroma a ouvert le débat en critiquant la validité des résultats électoraux rapportés par les autorités. « Depuis que les résultats tronqués ont été proclamés, le Cameroun vit une agitation sans précédent. Une fois de plus, la voix du peuple a été étouffée, et la souveraineté populaire a été méprisée », a-t-il déclaré. Le cadre politique du pays est ainsi marqué par une intensité de tensions, provoquées par des accusations d’irrégularités aux urnes.

Le bilan des événements récents est particulièrement préoccupant. Tchiroma a qualifié de « cynique » le comportement des dirigeants face à la contestation populaire, rappelant les événements tragiques survenus lors des manifestations. Il a exprimé un hommage poignant aux victimes de la répression, déplorant que la police ait souvent répondu aux appels pacifiques des manifestants par la violence. Il a déclaré : « Des balles réelles ont répondu aux chants de liberté. Nos familles, nos amis, ont été emportés dans la fleur de l’âge. Les marches pacifiques se sont transformées en répression irréfléchie, et le bilan est accablant : des arrestations arbitraires, des milliers de manifestants enlevés, et de nombreuses pertes humaines. »

Les actuelles manifestations s’inscrivent dans un contexte plus large de mécontentement qui s’est intensifié au fil des années. Les violations des droits humains et les répressions brutales à l’encontre des opposants politiques sont devenues une réalité omniprésente. Dans ce climat tendu, Tchiroma a appelé les citoyens à allier leurs voix pour montrer leur désaccord face à un régime qu’il considère de moins en moins légitime. « À partir du 3 novembre, nous devons montrer notre solidarité en paralysant le pays. Gardons nos commerces fermés, suspendons nos activités et restons chez nous afin d’envoyer un message fort : nous résistons », a-t-il exhorté.

L’appel à la grève générale fait écho à des périodes similaires de contestation au Cameroun, où les voix dissidentes ont souvent été réprimées. Tchiroma a insisté sur l’importance de conserver une unité entre les citoyens camerounais pour faire face à un pouvoir qu’il décrit comme usurpateur.

Pour conclure son discours, il a fait appel à l’unité et à la solidarité du peuple camerounais : « Restons unis et dignes face à ceux qui prétendent promouvoir la paix tout en orchestrant la terreur et en inscrivant la misère dans notre quotidien ». Dans un contexte où la confiance entre le gouvernement et le peuple est déjà fragilisé, ces nouvelles mesures de contestation risquent d’entraîner des développements significatifs dans la vie politique camerounaise durant les jours à venir.

Ainsi, cette journée d’appel à la désobéissance civile et aux villes mortes représente non seulement un fait d’actualité, mais aussi un moment crucial qui pourrait redéfinir les relations entre la population et les autorités dans un pays aux prises avec une grave crise de confiance. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour le Cameroun, à mesure que les citoyens exprimeront leur avis sur la direction politique prise par leur pays.