Jeunes du Chari-Baguirmi fustigent la gestion provinciale

Le Collectif des organisations des jeunes du Chari-Baguirmi a vivement critiqué la gestion actuelle du Conseil provincial lors d’une conférence de presse à N’Djaména, tenue le 1er septembre. Ce regroupement de jeunes a exprimé son inquiétude face à l’administration de cette collectivité territoriale, qu’il juge déficiente.

Deux ans après l’installation du Conseil provincial dans le Chari-Baguirmi, le Collectif estime que le bilan de la gestion de cette institution est particulièrement insatisfaisant. Il dénonce des pratiques administratives, financières et institutionnelles qu’il qualifie de préoccupantes pour l’ensemble de la province.

Parmi les griefs soulevés, le Collectif pointe une série de dépenses problématiques, notamment une ligne budgétaire de 20 millions de FCFA pour les frais d’installation des conseillers. Initialement prévue pour l’année 2025, cette dépense a été reconduite en 2026. À ces coûts s’ajoutent de nouvelles charges d’installation pour l’exécutif et le receveur, respectivement estimées à 16 et 2 millions de FCFA, ce qui suscite des interrogations chez les jeunes du Chari-Baguirmi.

Une autre source d’inquiétude réside dans la nomination du secrétaire général du Conseil, que le Collectif juge non conforme aux règles établies. Ce dernier point s’accompagne d’une critique de l’influence persistante de certains anciens cadres du Comité de gestion des 5% des revenus pétroliers sur les affaires du Conseil provincial.

Dans un contexte où les infrastructures et services de base demeurent insuffisants, le Collectif regrette le manque d’écoles, de centres de santé bien équipés, l’accès limité à l’eau potable et à des routes praticables, ainsi que le manque d’opportunités économiques pour la jeunesse. Autant de carences qui compromettent gravement le développement de la province, selon les jeunes du Chari-Baguirmi.

Face à ces constats, le Collectif exhorte les conseillers provinciaux à prendre leurs responsabilités et à user pleinement de leurs prérogatives afin de remédier à cette situation. Il appelle également les plus hautes autorités à procéder à des vérifications concernant les actions de l’exécutif provincial pour s’assurer de leur conformité avec les attentes et les besoins des populations locales.

Ce plaidoyer pour un meilleur avenir du Chari-Baguirmi témoigne de la détermination des jeunes à voir se réaliser des améliorations concrètes pour leur province, aujourd’hui confrontée à d’importants défis de développement.