Journaliste burundaise Sandra Muhoza libérée après deux ans de détention : un espoir pour la liberté de la presse

Sandra Muhoza : La Libération Provisoire d’une Journaliste Après Deux Ans de Détention

La journaliste burundaise Sandra Muhoza a retrouvé la liberté ce mercredi 4 mars 2026, après avoir passé près de deux ans en détention.

Sandra Muhoza, correspondante du média en ligne indépendant La Nova Burundi, a été arrêtée en avril 2024. Les accusations portées contre elle étaient graves : « atteinte à l’intégrité du territoire national » et « incitation à la haine ethnique ». Ce dossier controversé concerne des messages partagés au sein d’un groupe WhatsApp privé composé de journalistes, où il était question de supposées distributions d’armes, telles que des machettes, par les autorités ou le parti au pouvoir, aux jeunes Imbonerakure.

Décembre 2024 marqua le premier verdict : 21 mois de prison. Cependant, en mai 2025, ce jugement fut annulé pour incompétence juridictionnelle. Malgré cette décision, Sandra resta incarcérée. En janvier 2026, son cas fut réexaminé par la Haute Cour de Ngozi, qui la condamna à quatre ans de prison et à une amende de 200 000 francs burundais, environ 68 dollars américains, alourdissant ainsi considérablement sa peine.

Cette affaire a généré une mobilisation internationale significative. Des organisations de renom, telles que le Committee to Protect Journalists (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et l’International Press Institute (IPI), ont vivement critiqué ce qui a été perçu comme une persécution judiciaire et une attaque contre la liberté de la presse au Burundi. RSF a notamment souligné qu’à début 2026, Sandra Muhoza était la seule femme journaliste emprisonnée en Afrique subsaharienne pour des motifs liés à son travail.

La remise en liberté de Sandra Muhoza survient alors que son appel contre la condamnation est en cours. Une audience est prévue autour du 20 mars 2026. Si cette décision a été accueillie positivement par le CPJ, l’organisation exhorte les autorités à considérer un abandon définitif des charges et à procéder à sa libération complète.

Ce développement marque une étape cruciale dans une affaire qui a mis en lumière les défis auxquels la presse indépendante fait face au Burundi.