Journalistes expulsés de l’hôtel Zenabel : un tournant pour la liberté de la presse au GCAP ?
Interruption d’un débat politique au Tchad par les forces de l’ordre
Un forum sur les perspectives de lutte politique au Tchad a été brutalement interrompu par des policiers, coincé avec des commémorations pour les "martyrs de la liberté".
Les membres du Groupe de Coordination et d’Action pour le Progrès (GCAP) étaient réunis dans un hôtel de la capitale, N’Djamena, pour discuter des défis politiques auxquels le Tchad est confronté. Ce thème, « Tchad, pays fragilisé : quelles perspectives de lutte politique pour sa survie ? », visait à rassembler opinion et engagement autour de la situation actuelle du pays. Toutefois, alors que les échanges s’annonçaient fructueux, deux responsables des forces de sécurité se sont invités dans la salle de réunion, entraînant une interruption soudaine des discussions.
Les témoignages rapportent que les agents de police ont exigé la sortie immédiate des journalistes et des participants présents. Selon des sources sur place, un agent aurait lancé : « Vous êtes journalistes, sortez, tout le monde dehors ! » Ce mot d’ordre a été suivi par une évacuation, où les forces de sécurité ont ensuite prohibé tout rassemblement devant l’établissement, demandant aux personnes présentes de quitter les lieux.
La situation a déclenché des inquiétudes parmi les professionnels des médias. Dr Ibrahim Koursami, un des organisateurs de l’événement, a tenté de calmer les esprits en appelant à la retenue. « Les journalistes, vous avez vu, ils sont venus nous chasser. Je vous demande de repartir et de ne pas répondre à leur provocation », a-t-il conseillé aux membres de la presse.
Cette interruption laisse planer de nombreuses interrogations sur les raisons de cette intervention policière. Aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier l’annulation d’un débat censé permettre une réflexion critique sur les enjeux politiques du Tchad, un pays en proie à des tensions internes et à des défis de gouvernance.
L’événement était d’autant plus significatif qu’il coïncidait avec une journée de commémoration, un moment important pour reconnaître les luttes et sacrifices infligés au nom de la liberté. La proximité de ce débat avec cette date symbolique témoigne des difficultés rencontrées par les mouvements sociaux et politiques au Tchad, qui peinent à s’exprimer librement.
La répression de ce type d’événements soulève des préoccupations sur la liberté d’expression et le pluralisme politique dans le pays. Le Tchad a une histoire riche de luttes pour la démocratie, pourtant, les récentes interventions des autorités mettent en lumière un climat de méfiance à l’égard des échanges démocratiques. Des observateurs soulignent que ce genre d’incident pourrait dissuader d’autres groupes de se rassembler pour discuter de questions politiques cruciales, nuisant ainsi au développement d’un espace public sain et débattu.
En conclusion, l’interruption de ce débat par les forces de l’ordre au Tchad met en exergue des questions fondamentales sur la liberté d’expression et le rôle des autorités dans un contexte déjà largement contesté. Les acteurs concernés restent sur leurs gardes, alors qu’ils cherchent à naviguer dans un environnement politique complexe et souvent hostile.