
Kabbia en Crise : Absence de Morgue dans Mayo-Kebbi Est, un Fléau pour la Population – Les Enjeux Cruciaux à Découvrir Aujourd’hui
La Kabbia en Crise : Les Défis d’une Absence de Morgue au Cœur du Mayo-Kebbi Est
Dans la chaleur étouffante du Mayo-Kebbi Est, la Kabbia, l’un de ses départements les plus peuplés, fait face à une situation sanitaire critique. Dépourvu de morgue, ce territoire lutte pour gérer dignement la dépouille de ses habitants. Cette problématique, qui met en lumière les lacunes des infrastructures locales, a des répercussions notables sur le quotidien des populations.
Une Tragédie Évitable : Quand l’Absence de Morgue Fait Dérailler le Deuil
Le 19 mars, un événement tragique a secoué la communauté de Domo. Un jeune homme, accusé d’adultère par son propre frère, a perdu la vie en détention chez le chef de canton. Sa mort a déclenché la colère de sa famille, refusant de récupérer son corps en signe de protestation. Cette révolte témoigne de l’urgence et de la souffrance causées par l’absence d’infrastructures adéquates pour la conservation des corps.
Le préfet de la Kabbia, Moussa Dassidi, a tenté de calmer les esprits en encourageant les familles à inhumer les corps puis à chercher justice. "Nous n’avons pas de morgue à Gounou-Gaya. Si le corps se décompose, cela deviendra une source de maladies", a-t-il souligné, sensible à la nécessité sanitaire impérieuse. Cette situation a temporairement trouvé une solution grâce à la médiation, permettant l’inhumation précoce du défunt.
Des Alternatives Inadéquates : Parcours du Combattant pour les Familles
La Kabbia, avec ses plus de 210 000 habitants, est confrontée à des défis logistiques majeurs dès qu’un décès survient. Sans morgue, les familles doivent parcourir plus de 150 kilomètres jusqu’à Bongor pour trouver un espace de conservation. Or, même la morgue de Bongor est souvent saturée, ce qui contraint parfois à se tourner vers des villes plus éloignées comme N’Djamena ou Moundou. Pour ceux qui n’ont pas les moyens financiers suffisants, la tragédie est d’autant plus pénible, obligeant à des inhumations précipitées réalisées à domicile.
Une Nécessité Vitale : Pourquoi la Kabbia a Besoin d’infrastructures Mortuaires ?
L’absence d’une morgue dans un département aussi densément peuplé que la Kabbia soulève des questions pressantes sur les priorités d’investissement dans les infrastructures de santé provinciales et nationales. Un médecin local déplore : "Même la capacité de la morgue de Bongor est assez limitée. Les familles de la Kabbia méritent la possibilité de faire leur deuil dans la dignité". La mise en place d’une morgue ne représenterait pas une simple commodité, mais un besoin fondamental pour éviter les risques sanitaires et faciliter le processus de deuil.
Perspectives Régionales : Comment Autres Provinces Réagissent à la Crise ?
D’autres régions confrontées à des situations similaires commencent à prendre des initiatives pour pallier l’absence de morgues. Par exemple, Koumra dans le Mandoul a réussi à mettre en place une morgue privée en août 2022, offrant une voie à suivre pour d’autres communautés. Cette initiative prouve que des efforts concertés peuvent aboutir à des solutions, même dans des contextes où les ressources sont limitées.
Conclusion : Vers une Solution Durable
L’absence de morgue dans la Kabbia ne touche pas seulement les familles endeuillées, elle a des répercussions profondes sur la santé publique et la dignité humaine. L’amélioration des infrastructures de ce type devrait figurer en bonne place dans les agendas politiques et sanitaires régionaux. Alors que les autorités locales cherchent à apaiser les tensions, cette crise offre l’opportunité d’engager une réflexion plus large sur les soins de santé et les investissements nécessaires pour offrir à tous les habitants, vivants comme défunts, une dignité qu’ils méritent.
La situation actuelle pourrait être le catalyseur d’un changement nécessaire et durable, si les leçons apprises se transforment en actions concrètes. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer comment cette région pourra se préparer à mieux gérer demain des crises similaires, en espérant que ces perspectives se concrétisent avant la prochaine tragédie.