Koumassi : démolitions, le procureur s’en prend à un député

Côte d’Ivoire : Démolitions à Koumassi Campement, le procureur fait le point sur l’enquête et vise un député

Lors d’une récente conférence de presse tenue au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, le procureur de la République, Braman Koné, a fait le point sur l’enquête ouverte suite aux démolitions survenues le 3 juin 2026 dans la commune de Koumassi, plus précisément au quartier Campement. Depuis le début de l’enquête, le procureur a fourni des informations cruciales sur les circonstances entourant ces événements et sur les avancées des investigations.

L’enquête, initiée le 10 juin 2026, se concentre sur plusieurs acteurs clés impliqués dans ces démolitions. Parmi les personnes auditionnées figurent le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, un député de la circonscription de Gouméré/Tabagne ainsi que le maire de Koumassi. « Les auditions des personnes mentionnées, combinées à l’exploitation de divers éléments collectés, ont permis de mieux comprendre les implications de chacun, y compris celles de Monsieur Alloui Brou Jacques », a affirmé Braman Koné.

L’enquête a conduit à l’examen du rôle du député cité par le procureur, qui a indiqué que des éléments sérieux et concordants l’impliquaient. Par conséquent, le doyen des juges d’instruction a formulé une requête visant à saisir le procureur général près la cour d’appel d’Abidjan, afin de demander l’autorisation de l’Assemblée nationale pour engager des poursuites contre le député en question.

La polémique autour des démolitions se renforce avec la personnalité de Alloui Brou Jacques. Celui-ci avait pris la parole dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, revendiquant la légitimité de ses actes en se prévalant d’une décision de justice. Toutefois, le procureur a révélé que cette décision ne conférait aucun droit à la démolition des structures. « La décision du tribunal n’a permis que le déguerpissement de cinq habitations, sans autoriser aucune démolition », a précisé Braman Koné.

Concernant la superficie touchée par les démolitions, le procureur a indiqué que la zone concernée s’étend sur 6,8 hectares et englobe 250 lots répartis sur sept îlots. Parmi ces parcelles, 28 sont détenues en pleine propriété avec un Arrêté de concession définitive (ACD), tandis que quatre autres disposent d’un Certificat de mutation de propriété foncière. De plus, huit parcelles possèdent un Titre foncier au nom de l’État. En outre, le procureur a signalé que cinq parcelles sont en attente de traitement de leurs dossiers de morcellement, et 205 sont sans titre foncier.

Pour garantir la bonne gestion du site, il a été placé sous main de justice par réquisition judiciaire, dans l’attente des prochaines étapes de la procédure. L’enquête se poursuit et d’autres auditions sont prévues afin d’élucider ce dossier sensible, qui suscite l’attention des autorités et de la population.

Ainsi, cette affaire met en lumière la complexité des questions foncières en Côte d’Ivoire, où les enjeux juridiques et politiques se croisent souvent de manière délicate. Le climat d’incertitude qui entoure les démolitions à Koumassi Campement représente un défi majeur pour les autorités judiciaires, qui doivent naviguer entre l’application de la loi et le respect des droits des citoyens concernés.