Koumra : bars silencieux après un conflit entre buvettes et BUTDRA
Silence Inattendu dans les Bars de Koumra : Conflit autour des Droits d’Auteur
Dans la ville de Koumra, une étrange tranquillité plane dans les bars et restaurants depuis plus d’une semaine, résultant d’un différend inédit entre le Bureau tchadien du droit d’auteur (BUTDRA) de Mandoul et les propriétaires de licencements d’alcool relatifs au paiement des taxes sur l’exploitation musicale.
À l’origine de cette situation, un désaccord marqué par l’insatisfaction des exploitants face aux montants imposés par le BUTDRA. Selon plusieurs propriétaires de bars, les frais de licence musicale, fixés à 60 000 FCFA par an pour les commerces de détail, 120 000 FCFA pour les bars, et 30 000 FCFA pour les cabarets, seraient disproportionnés par rapport à leurs revenus actuels.
Un climat de tension s’est installé, les commerçants évoquant une conjoncture économique délicate. Ils réclament une réduction appropriée leur permettant de maintenir l’activité musicale sans compromettre leurs affaires. « Koumra n’est pas N’Djamena », déclare Allatoïde, président de l’Association des détenteurs de bars et alimentations. « Nous sommes prêts à payer, mais demandons des cotisations adaptées à notre réalité économique », précise-t-il, en rappelant les tarifs bien plus bas qui prévalaient auparavant.
Pendant ce temps, le BUTDRA insiste sur la légitimité des taxes, soulignant leur rôle crucial dans la protection des créateurs et des artistes. Pour les responsables du bureau provincial, tous les établissements diffusant de la musique à des fins commerciales doivent respecter la réglementation en vigueur.
Confrontés à l’impasse des négociations, les bars et alimentations ont choisi de cesser toute diffusion musicale afin d’éviter d’éventuelles sanctions. Ce choix, bien que pragmatique, a transformé l’atmosphère de Koumra, habituellement vibrante sous les riffs des orchestres en soirée. Les habitués expriment leur déception, soulignant une perte d’ambiance qui affecte considérablement leur expérience.
« Prendre un verre dans le silence n’a pas la même saveur », déplore un client fréquentant le petit carrefour du centre-ville. La musique, élément clé de l’ambiance festive, manque cruellement aux soirées.
Dans un contexte où l’issue des négociations reste incertaine, le manteau de silence qui enveloppe les soirées de Koumra persiste, substituant aux anciennes animations une quiétude inhabituelle.