Koumra : l’ONG ARED menacée de fermeture, le coordonnateur tire la sonnette d’alarme
Menace de fermeture de l’ARED : les droits humains en péril au Tchad
Le 3 mars 2026, Madjiyera Ngar Alkoa, coordonnateur de l’Association pour la Réinsertion des Enfants et la Défense des Droits de l’Homme (ARED), a tenu une conférence de presse pour alerter sur les menaces pesant sur son organisation, cruciales pour la défense des droits humains au Tchad.
Suite à la diffusion, le 13 février 2026, d’un rapport sur la traite des personnes à la radio locale, l’ARED subit des pressions croissantes justifiées, selon Alkoa, par son engagement contre cette pratique illicite. La situation s’est envenimée après la visite de Siobhàn Mullally, rapporteuse spéciale des Nations Unies, le 18 février à Koumra où elle a évalué l’ampleur de la traite dans la province du Mandoul.
Ce déplacement, recommandé par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Dr Youssouf Tom, a été salué par Alkoa pour démontrer un engagement gouvernemental face à cette problématique. Cependant, le coordonnateur a critiqué le « silence complice » des autorités locales, les exhortant à réagir face à l’aggravation de la traite, pourtant interdite par la législation nationale.
Dans des propos incisifs, Alkoa a évoqué la nécessité de saisir la Cour pénale internationale pour enquêter sur cette pratique, en contradiction avec la loi n°12 qui proscrit formellement la traite des personnes au Tchad. Il a détaillé les conditions désastreuses auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes, dépossédés de leurs terres et soumis à des formes d’exploitation à caractère servile dans des zones d’orpaillage.
Ces dénonciations s’inscrivent dans un contexte préoccupant où, selon Alkoa, certaines agences de voyages facilitent l’exode de jeunes vulnérables, amplifiant une situation déjà critique. En réaction aux pressions, un groupe serait à l’œuvre pour orchestrer la fermeture de l’ARED d’ici avril 2026, une éventualité qu’Alkoa juge infondée et illégale.
L’ARED, forte de ses 25 années d’existence, a joué un rôle de pionnière dans la lutte pour les droits humains au Tchad et a été reconnue sur les scènes nationale et internationale. Pourtant, sa survie est aujourd’hui mise à rude épreuve à un moment charnière où son action est plus indispensable que jamais.
En conclusion, Madjiyera Ngar Alkoa a réaffirmé la détermination de l’ARED à poursuivre son combat pour la justice et les droits humains. Convaincu de l’illégalité d’une éventuelle fermeture, il envisage de défendre l’organisation devant les instances compétentes, renouvelant son engagement en faveur de l’abolition de l’esclavage et la défense des droits fondamentaux.