Koumra : une église interdite poursuit ses activités, la communauté divisée
Une Église clandestine à Koumra inquiète la population locale
À Koumra, dans le quartier de Guirdengar 4 du 4ᵉ arrondissement, une église continue d’opérer clandestinement malgré une fermeture ordonnée par les autorités en 2021. Cette situation suscite de vives préoccupations parmi les habitants en raison de pratiques controversées et d’un rejet supposé des soins médicaux modernes.
Dirigée par le prédicateur Noubaramadje Moïse, l’église impose à ses fidèles des règles jugées radicales, telles que l’interdiction du port de sous-vêtements et de protections hygiéniques pour les femmes en période de menstruation. De plus, les enfants sont encouragés à abandonner l’école, conformément aux enseignements religieux prônés par le leader spirituel.
Malgré la fermeture officielle de l’établissement ecclésiastique par les autorités administratives en 2021, des rassemblements discrets ont repris, intensifiant les inquiétudes des résidents locaux. La situation a pris une tournure tragique lorsqu’un accident grave est survenu au sein de la communauté.
Un jeune adepte de 23 ans, Esaie, s’est grièvement blessé en creusant une fosse pour des toilettes sur le site de l’église. Privé de soins médicaux pendant 17 jours, Esaie a vu son état de santé se détériorer. Ses proches ont préféré des prières de guérison aux traitements médicaux conventionnels.
L’alerte a été donnée le jeudi 19 février, poussant le chef de carré à contacter les autorités compétentes. Guerindjita Nahogban, le maire de Koumra, accompagné des forces de défense et de sécurité, s’est déplacé pour évaluer la situation. Il a ordonné l’arrestation de certains responsables de l’église et des fidèles, ainsi que l’évacuation d’Esaie vers l’hôpital provincial de Koumra où il reçoit actuellement des soins.
Depuis cette intervention, les autorités municipales ont renforcé les mesures pour empêcher toute activité au sein de l’église, en attendant d’éventuelles actions judiciaires et une amélioration de l’état de santé du jeune homme.
Il est important de noter que, selon des sources locales, plus de 30 jeunes ont déserté les écoles pour se consacrer aux activités de l’église, mettant en péril leur éducation et leurs liens familiaux. Le pasteur Noubaramadje Moïse est actuellement en déplacement, rendant incertaine la suite des événements.
Cette affaire met en lumière les défis rencontrés par les autorités locales face à des organisations religieuses désobéissant aux lois et aux normes sanitaires, posant ainsi des questions cruciales sur la protection des enfants et la santé publique.