La BAD investit 165,5 millions $ pour faciliter l’accès à l’eau et améliorer l’assainissement dans les communautés vulnérables.

Le conseil d’administration du Fonds africain de développement accorde un prêt de 165,5 millions de dollars au Niger pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Le 20 octobre 2023, le Conseil d’administration du Fonds africain de développement a officiellement approuvé un prêt de 165,5 millions de dollars destiné au Niger. Ce financement vise à mettre en œuvre un projet qui accroîtra l’accès à l’eau potable et à l’assainissement tout en renforçant la résilience des populations de Zinder, Mirriah et des villages environnants.

Ce projet, qui bénéficie du soutien du guichet concessionnel du Groupe de la Banque, a pour objectif de garantir un accès équitable à l’eau et à l’assainissement pour plus d’un million de personnes. Selon Firmin Bri, responsable par intérim du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Niger, l’initiative contribuera également à la lutte contre la pauvreté, à l’adaptation au changement climatique et à la gestion des risques sanitaires. Le projet sera mis en œuvre sur cinq ans et touchera directement une population de plus de 600 000 habitants dans les deux villes et leurs environs.

À l’heure actuelle, le Niger fait face à des défis considérables en termes d’accessibilité à l’eau. Le taux d’accès à l’eau potable ne s’élève qu’à 53,4 % et la couverture en matière d’assainissement de base est alarmante, atteignant à peine 6,1 %. Plus de 76,5 % de la population pratique la défécation à l’air libre, mettant ainsi en lumière un besoin urgent d’améliorations dans ce secteur.

Le projet visionnaire répond à des enjeux critiques, tels qu’une croissance démographique annuelle de 3,8 %, une précarité accentuée par l’insécurité et des sanctions économiques. De plus, il est aligné sur les programmes d’action du gouvernement, les stratégies nationales de développement du Niger, ainsi que sur les Objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier les objectifs 6, 4, 5, 7 et 8. Il s’inscrit également dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et dans la Contribition déterminée au niveau national du Niger sur le climat.

Pour mettre en œuvre ces améliorations, le projet prévoit le développement d’infrastructures hydrauliques et d’assainissement pour profiter à 600 000 personnes. Il comprendra la création de nouveaux forages, la construction de châteaux d’eau, et l’installation de 150 kilomètres de réseaux de distribution. Parmi les autres mesures annoncées figurent une station de traitement des boues de vidange pour l’assainissement autonome, ainsi que l’érection de 12 000 branchements sociaux, 50 bornes-fontaines, 5 000 latrines familiales, 200 latrines institutionnelles, et 100 édicules publics.

Un volet essentiel du projet concerne la sensibilisation. Plus de 500 000 personnes, dont 51 % de femmes, seront sensibilisées sur les enjeux liés à l’eau, l’hygiène, la santé et le climat. De plus, l’initiative prévoit un soutien à 50 femmes gestionnaires de bornes-fontaines et 100 gestionnaires d’édicules publics, dont 60 % seront également des femmes. Pour faciliter le ramassage des déchets, six camions-vidangeurs et dix tricycles manuels seront fournis aux collecteurs.

Également inclus dans le projet, le développement des compétences est prévu avec la formation de 150 apprentis (dont 50 % de femmes) et 20 techniciens dans des domaines techniques tels que l’électricité, la plomberie et l’assainissement. Pour soutenir les moyens de subsistance, le projet mettra en place dix périmètres maraîchers et distribuera des kits d’hygiène menstruelle. Au total, plus de 300 équipements post-récolte seront attribués aux femmes pour alléger leurs tâches ménagères tout en augmentant leurs revenus.

Le renforcement des capacités institutionnelles sera également une priorité avec la formation de 30 cadres ministériels et l’établissement de systèmes d’information géographique et de suivi-évaluation. En outre, le projet se penchera sur les études préparatoires d’une seconde phase, qui inclura une évaluation d’impact environnemental et social, ainsi que des aspects liés à l’égalité des sexes et à la santé.

Ce projet s’ajoute aux initiatives en cours du Groupe de la Banque africaine de développement au Niger, tout en complétant les efforts d’autres partenaires techniques et financiers tels que la Banque mondiale et diverses institutions de développement déjà présentes dans la région.