La directrice adjointe du CHU Mère-Enfant rassure : la négligence médicale reste exceptionnelle

Défaillances dans le Secteur de la Santé : Le Cri d’Alerte du CHU de la Mère et de l’Enfant

Face aux multiples plaintes relayées sur les réseaux sociaux concernant des décès post-accouchement, la gynécologue-obstétricienne Dr Danmadji Naorgué Lydie, directrice adjointe du Centre hospitalo-universitaire de la Mère et de l’Enfant, rompt le silence. Elle assure que les cas avérés de négligence médicale sont rares dans sa structure, exprimant une volonté de transparence et d’amélioration continue.

Le CHU de la Mère et de l’Enfant, une institution de niveau 3 située dans la capitale, se retrouve fréquemment confrontée à un grand nombre de patients. Dr Naorgué explique que, globalement, les relations entre le personnel médical et les patients sont positives, malgré quelques plaintes verbales occasionnelles, souvent dues à des malentendus sur l’accueil et le circuit des soins.

Négligence Médicale : Une Exception

Selon la docteure, la négligence médicale, définie comme une faute professionnelle grave, reste une exception au sein de l’établissement. Le centre hospitalier, bien qu’il soit habitué à recevoir un flux important de patients, maintient des mécanismes de supervision rigoureux. En trois mois, un seul cas de négligence a été identifié, entraînant le licenciement immédiat de l’agent concerné. Cette mesure illustre la politique de tolérance zéro en matière de faute professionnelle.

Des audits post-incidents permettent de consolider les processus internes et d’éviter la répétition des erreurs. Le personnel est formé pour travailler en étroite coopération, sous une supervision stricte, garantissant que chaque décision médicale passe par plusieurs niveaux de validation afin de prévenir toute défaillance.

Les Délais et l’Accueil Sous les Projecteurs

Nombreuses sont les plaintes concernant l’accueil et les délais de prise en charge, souvent confondus avec une forme de négligence par les patients. Dr Naorgué clarifie que ces retards découlent d’une surcharge structurelle : tri, consultation, passage par la caisse et résultats d’analyses constituent des étapes longues.

Cependant, dans les cas critiques, tels que les urgences vitales, la prise en charge est immédiate et prioritaire. Le CHU trie les situations par gravité et non par l’ordre d’arrivée, un choix nécessaire pour répondre aux urgences.

Les Quatre Retards : Barrières à la Sauvegarde de Vies

Le docteur pointe du doigt quatre principaux retards influençant négativement le taux de mortalité. Les familles, souvent, tardent à rejoindre les structures adaptées, choisissant de s’en remettre d’abord à des établissements de premier niveau. Le transport constitue une autre barrière cruciale, les références étant souvent réalisées au moyen de motos ou de taxis, sans accompagnement médical adéquat.

À ces obstacles s’ajoute le retard interne à l’hôpital, bien que moindre dans ce centre disposant de personnel et médicaments accessibles jour et nuit. Enfin, le refus de consentement des familles, une problématique particulièrement prégnante localement, retarde fréquemment les interventions vitales de plusieurs heures.

Un Appel à la Sensibilisation

L’affaire Elida, largement médiatisée, a mis en exergue ces retards. Bien que le décès soit survenu au sein du CHU, la patiente avait été transférée tardivement après avoir été opérée ailleurs, sans les préalables médicaux requis. Louise Naorgué souligne l’importance de sensibiliser la population aux implications de ces décisions temporisées, invitant également les médias à jouer un rôle dans cette communication cruciale.

Pour l’avenir, le centre hospitalier souhaite non seulement maintenir, mais renforcer ses standards afin de garantir des soins de qualité tout en minimisant les incidents. La coopération et la communication sont ainsi placées au tournant de cette politique d’amélioration.