La faiblesse sexuelle, un défi croissant qui pousse vers les tradipraticiens
Tchad : Les Tradipraticiens en Forte Demande face aux Problèmes de Potence
Au Tchad, les tradipraticiens font face à une demande croissante de traitements traditionnels pour des problèmes de virilité, comme en témoigne Mbainaissem Mbaitessem Khamis, président de la confédération nationale des tradipraticiens, qui déclare recevoir quotidiennement six à sept patients souffrant de cette problématique.
La Quête de Remèdes Traditionnels
Dans un contexte où la souffrance masculine liée à la perte de libido et aux troubles de l’érection s’accroît, les témoignages de patients illustrent l’ampleur de ce phénomène. Léon, un jeune homme dans la trentaine, se prépare à se marier mais se sent touché par une faiblesse qui pourrait compromettre sa future union. Pour retrouver confiance, il se tourne vers un tradipraticien et obtient une décoction nommée "viagra naturel" ainsi qu’une poudre à mélanger dans de la bouillie. Un ami de Léon évoque la gravité de la situation, précisant que sa fiancée le remet en question et le considère comme "pas un homme" en raison de sa condition.
De son côté, Charles, enseignant, a également recours à la médecine traditionnelle. Son traitement comprend du sexe de bœuf cuisiné avec une décoction sans sel. Selon lui, grâce à ce remède, il a réussi à retrouver sa virilité, se vantant désormais de "faire trois coups" après avoir été dans l’incapacité d’en réaliser un seul auparavant.
Coûts et Accès aux Traitements
Les patients et tradipraticiens mettent en avant le coût attractif de ces traitements par rapport aux alternatives pharmacologiques. Charles, grâce à un ami, a déboursé seulement 1 000 francs CFA pour son traitement. Léon, de son côté, a payé 15 000 francs CFA pour son remède traditionnel.
Khamis, en défendant le prix de ses remèdes, insiste sur le fait qu’ils sont accessibles, malgré les efforts logistiques engagés pour se procurer les ingrédients nécessaires. Il parcourt parfois de grandes distances, allant jusqu’à Sarh, pour se fournir. En se moquant des médicaments comme le viagra, Khamis affirme que ses produits sont préférables, avançant que ceux-ci laissent souvent leurs utilisateurs dans un état de "carcasse".
L’Essor de la Médecine Traditionnelle
Cette tendance à se tourner vers la médecine traditionnelle révèlerait un besoin plus profond au sein de la société tchadienne. Dans un pays où l’accès aux soins de santé conventionnels reste limité, la médecine traditionnelle s’impose comme une réponse rapide et économique. Plusieurs études récentes indiquent que de plus en plus de personnes remettent en question l’efficacité des traitements modernes, au profit de solutions jugées plus naturelles.
Dans ce cadre, les tradipraticiens, souvent critiqués en raison de leur manque de régulation, jouent un rôle significatif. Ils représentent non seulement un recours face aux carences du système de santé publique, mais aussi une alternative soutenue par des croyances culturelles profondément ancrées. Leurs méthodes sont souvent perçues comme plus humaines et plus accessibles.
En parallèle, les institutions médicales pourraient être amenées à se pencher sur ces pratiques et à envisager des solutions intégratives, qui reconnaissent l’importance de la médecine traditionnelle tout en proposant des normes de sécurité et d’efficacité. Dans un monde de plus en plus connecté, où les patients recherchent des réponses rapides et fiables, la médecine traditionnelle pourrait bien se trouver à la croisée des chemins.
Conclusion
L’engouement pour les remèdes traditionnels face aux troubles de la virilité au Tchad souligne un phénomène socioculturel majeur. La demande croissante pour ces traitements illustre un besoin urgent d’exploration des alternatives médicales, tout en mettant en lumière les limites de la médecine moderne. À travers des voix comme celles de Khamis, Léon, et Charles, se dessinent les contours d’une réalité où la tradition croise la médecine contemporaine, révélant la complexité des attentes et des besoins de la population.