La famille de Mahamat Zene refuse l’indemnité de 40 millions et exige justice pour son meurtre

La famille de la victime refuse une dia proposée par la famille du présumé assassin

Lors d’un point de presse organisé le mercredi 12 novembre 2025 à leur domicile à Goudji Charafa, dans le 10ème arrondissement de N’Djamena, les proches de la victime ont fermement rejeté une offre de compensation de 40 millions de francs CFA formulée par la famille de l’individu accusé du meurtre.

En présence de leur avocat, Me Boudro Romain, membre du barreau du Tchad et collaborateur de Me Alain Kagonbé, la famille a réaffirmé son exigence de justice. Au cours de cette conférence, les proches ont fait état d’accusations selon lesquelles certains généraux auraient tenté de corrompre des membres de la famille en leur proposant cette somme, considérée comme une dia, ou prix du sang.

La famille a clairement exprimé qu’elle ne se reconnaissait pas dans cette tentative de règlement à l’amiable et a martelé son désir de voir la justice suivre son cours. Ali Kali Mahamat, cousin de la victime, a souligné avec regret que, jusqu’à présent, le ministère de la Justice tardait à présenter le présumé meurtrier. Selon lui, ni celui-ci ni ses complices n’ont été traduits devant la justice, laissant planer un sentiment d’impunité.

Me Boudro Romain a pris la parole pour mettre en garde ceux qui espéreraient que l’acceptation de cette dia pourrait avoir une influence sur le processus judiciaire. « Il est nécessaire que justice soit rendue en priorité. On ne devrait pas avancer des offres de compensation avant que la procédure pénale ne soit mise en route correctement », a-t-il déclaré. L’avocat a précisé que sa clientèle avait pour unique revendication la justice, sans mettre en jeu la question de la dia, qui pourrait être envisagée au stade de l’examen des dommages et intérêts.

Cette situation illustre un contexte plus large au Tchad, où des questions de justice et d’intégrité sont souvent entourées d’ombres de corruption et d’influence. Les mécanismes de compensation traditionnels, comme la dia, suscitent des débats quant à leur place dans des affaires criminelles graves, où le droit à la justice devrait prédominer.

Cette affaire a révélé des tensions sous-jacentes dans la sphère judiciaire tchadienne, exacerbées par des allégations de manipulation politique et d’impuissance habituelle devant la justice. La famille, déterminée à voir son appel entendu, continue d’exiger que les mécanismes judiciaires soient activés pour garantir que les responsables répondent de leurs actes.

Avec cette déclaration, les proches de la victime espèrent relancer le débat autour de la nécessité d’un système judiciaire plus robuste et impartial.