La jeunesse tchadienne face à la distraction : stratégie ou fatalisme ?
Au Tchad, la jeunesse face à des enjeux de développement ignorés
Au Tchad, l’indifférence d’une grande partie de la jeunesse pour les enjeux cruciaux du développement national soulève des interrogations préoccupantes. Avec plus de 60 % de la population ayant moins de 25 ans, ce phénomène ne semble pas être le simple fruit du hasard.
Un dynamisme apparent, mais éloignement des véritables enjeux
La jeunesse tchadienne se singularise par sa vitalité et son engagement sur des plateformes numériques où elle exprime des opinions, participe à des débats dans l’espace public et s’illustre dans diverses tendances culturelles. Toutefois, cette dynamique coexiste avec un décalage frappant : peu de jeunes semblent s’intéresser aux questions fondamentales qui déterminent l’avenir du pays. Parmi les enjeux souvent négligés figurent :
- Gouvernance
- Politiques publiques
- Avenir institutionnel
- Modèle économique
Ces thématiques, cruciales pour le développement sociétal, sont souvent éclipsées par des disputes futiles ou des controverses identitaires. Malgré une énergie indéniable, celle-ci est redirigée vers des débats superficiels, au détriment des véritables leviers de transformation sociale.
La distraction, un défi pour la gouvernance
Dans les contextes marqués par des crises de gouvernance, la jeunesse représente un double enjeu : elle peut constituer une force critique capable de questionner le statu quo, ou au contraire, se transformer en une masse passive, désengagée. L’absence d’éducation citoyenne, la raréfaction des échanges intellectuels, et la marginalisation des voix dissidentes soulèvent une interrogation inquiétante : l’ignorance serait-elle perçue comme une option plus confortable que la prise de conscience ?
Former des citoyens conscients nécessite des efforts soutenus en matière d’éducation et d’engagement communautaire. À l’inverse, maintenir un état de distraction peut relever d’une stratégie délibérée ou simplement d’un laisser-aller à la portée préoccupante.
Les réseaux sociaux : entre émancipation et détournement
Les réseaux sociaux se révèlent être des acteurs ambivalents dans cette dynamique. Présentés souvent comme des instruments de liberté et de mobilisation, ils deviennent parfois des lieux d’évasion où l’indignation est rapide, mais qui n’entraîne guère d’actions concrètes à long terme. Les jeunes, bien qu’informés sur une multitude de sujets, sont souvent déconnectés des enjeux essentiels qui les entourent, naviguant entre une connexion mondiale et une déconnexion de leur propre avenir.
La responsabilité partagée de la jeunesse
Toute analyse de cette situation doit intégrer le rôle que joue la jeunesse elle-même. Le désintérêt croissant pour la lecture et le manque d’engagement dans des réflexions critiques contribuent indéniablement à la situation actuelle. Cependant, il est nécessaire de se demander si l’on peut réellement exiger un niveau d’engagement d’une génération soumise à des pressions telles que :
- Chômage massif
- Précarité
- **Absence de perspectives concret
Pour bon nombre de jeunes, la distraction peut sembler être un refuge face à un avenir incertain.
Un tournant décisif pour l’avenir
La question ne réside pas seulement dans la nature éventuelle de cette distraction, mais aussi dans la volonté de la jeunesse tchadienne d’accepter ce rôle à long terme. L’histoire démontre qu’aucun pays ne peut se développer durablement sans une jeunesse éveillée et consciente de son potentiel.
Le Tchad est aujourd’hui à un tournant critique. Deux options se présentent :
- Rester en retrait, focalisée sur des distractions superficielles
- Transformer cette prise de conscience en une force collective et mobilisée
Dans un environnement au bord du désengagement, penser et agir s’imposent comme des actes intrinsèquement politiques. Les jeunes tchadiens se trouvent possiblement à l’aube d’un changement décisif dans la dynamique de leur société, sensiblement impactée par leur engagement ou leur désintérêt face aux enjeux qui les concernent directement.