La numérisation des finances publiques : une avancée essentielle pour les pays membres

CEMAC : Les États appelés à une stricte harmonisation financière après un sommet extraordinaire

Les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont été exhortés à aligner rapidement leurs lois financières avec les engagements internationaux, notamment ceux envers le Fonds monétaire international (FMI), lors d’un sommet extraordinaire.

Ce sommet, qui s’est tenu à Brazzaville, a rassemblé quatre chefs d’État : Faustine Archange Touadera de la République centrafricaine, Brice Clotaire Oligui Nguema du Gabon, Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale et Denis Sassou-N’Guesso, hôte de l’événement. Les ministres des Finances du Cameroun et du Tchad ont également participé, chacun représentant son pays.

La cérémonie a été inaugurée par Baltazar Engonga Edjo’o, président de la commission de la CEMAC, qui a lu le communiqué final. Ce dernier souligne l’urgence pour les États membres de garantir une cohérence entre leurs lois financières, leurs engagements internationaux et les objectifs de soutenabilité de la dette. L’accent a été mis sur la nécessité de consolider la position extérieure des pays à moyen terme.

Le sommet a également insisté sur l’importance d’effectuer une évaluation du premier trimestre 2026 dans des délais raisonnables. Les résultats de cette évaluation devront être communiqués avant les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, afin d’assurer une transparence et un engagement constant vis-à-vis des partenaires financiers.

Des initiatives ont été évoquées pour renforcer les relations entre la CEMAC et le FMI, notamment à travers la négociation de programmes économiques et financiers. Cette démarche inclut la nécessité d’améliorer la communication des données statistiques relatives à la gestion des finances publiques, tels que les tableaux des opérations financières étatiques, qui seront publiés pour une meilleure visibilité.

L’évaluation de la situation économique de la sous-région a mis en évidence un manque de dynamisme. En réponse, les participants ont exprimé leur désir d’accentuer le rôle de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale dans la transformation structurelle des économies membres. Ce besoin d’une transformation profondément enracinée est devenu impératif pour développer une résilience face aux défis économiques.

Un autre point crucial abordé durant les débats concerne le rapatriement des fonds liés à l’industrie extractive. Les États ont été invités à finaliser les négociations avec les sociétés opérant dans ce secteur pour rapatrier les ressources destinées à la restauration des sites pétroliers. Par ailleurs, la nécessité de rapatrier les avoirs détenus à l’extérieur de la zone CEMAC a été clairement exprimée, de même que la volonté de récupérer les recettes et exportations des entreprises du secteur extractif.

Au cours des travaux en huis clos, les participants ont également écouté le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui a soulevé des préoccupations importantes sur le contexte macroéconomique actuel, jugé peu engageant. Il a mis en avant le besoin urgent de mesures rigoureuses pour redresser la situation préoccupante à laquelle la CEMAC fait face. De même, Ouattara Wautabouna, administrateur du groupe Afrique au FMI, a partagé les préoccupations majeures du FMI concernant les perspectives économiques de la région.

Il est important de noter que ce sommet intervient dans un contexte économique difficile, marqué par des défis structurels et financiers au sein de la CEMAC. Les chefs d’État et principaux acteurs économiques examinent actuellement des solutions pour renforcer l’intégration économique régionale tout en répondant aux défis de la dette et de la croissance. Ce sommet a ainsi constitué une plateforme essentielle pour mettre en lumière les enjeux et envisager des politiques adaptées.

Les recommandations issues de cette rencontre devront premier à une mise en œuvre concrète et efficace pour la stabilité financière des États membres. Ce rendez-vous s’inscrit dans le cadre d’une réflexion plus large sur l’avenir économique de la région, alors que la communauté fait face à une pression croissante de la part de partenaires internationaux pour respecter ses engagements financiers.

Les discussions et décisions prises lors de ce sommet auront des implications importantes sur le développement économique futur de la CEMAC et l’interaction des États membres avec les institutions financières internationales. Alors que la route vers la consolidation de la zone reste semée d’embûches, l’engagement renouvelé des chefs d’État pourra peut-être ouvrir la voie à des réformes nécessaires et attendues par les citoyens.

En somme, cette réunion a clairement souligné l’urgence d’une réforme financière cohérente et adaptée, visant à garantir une meilleure gestion des ressources, à favoriser la stabilité économique et à renforcer la solidarité entre les États membres de la CEMAC. Les yeux sont désormais tournés vers la mise en œuvre des décisions prises et sur l’impact qu’elles pourront avoir sur la situation économique régionale à venir.