L’AAZES dévoile sa vision pour une connectivité renforcée avec le PND « Tchad Connexion 2030 »
Ambition industrielle au Tchad : l’AAZES mise sur les Zones Économiques Spéciales
Dans un discours récemment prononcé, Mme Kaye Marie Rolande, Directrice Générale de l’Agence d’Administration des Zones Économiques Spéciales du Tchad (AAZES), a exposé les ambitions du gouvernement tchadien en matière d’investissement et de développement industriel. La stratégie dénommée PND Tchad Connexion 2030 vise à transformer le pays en un pôle d’attractivité pour les investisseurs, tout en créant des emplois durables au sein d’un environnement économique dynamique.
Développement des Zones Économiques Spéciales
Lors de son allocution, Mme Rolande a mis en relief la volonté du gouvernement tchadien d’installer un cadre favorable pour les investissements. « Notre vision est de faire du Tchad un hub industriel, logistique et commercial au cœur de l’Afrique centrale », a-t-elle affirmé. À cette fin, l’AAZES est en train de mettre en œuvre des projets ambitieux, notamment avec deux zones pilotes déjà en cours d’opérationnalisation en collaboration avec LAHAM Tchad.
Ces zones, nommées ZILOG et ZISARH, sont respectivement situées dans la région du Logone et du Moyen-Chari. La première, ZILOG, s’étend sur 1 000 hectares et est principalement consacrée à l’agro-industrie ainsi qu’à la transformation de la viande. La seconde, ZISARH, couvre 550 hectares et vise une utilisation multidisciplinaire, incluant l’industrie, le commerce et les services.
Il est à noter que l’AAZES n’opère pas seule. Des partenariats nationaux et internationaux sont d’ores et déjà en cours, notamment dans les secteurs stratégiques de l’énergie, de la logistique et de la formation technique pour les jeunes professionnels tchadiens. Ces initiatives visent non seulement à développer le tissu industriel local, mais également à promouvoir le transfert de compétences pour mieux intégrer la jeunesse dans l’économie.
Avantages pour les investisseurs
Dans le cadre du plan de développement national, les Zones Économiques Spéciales (ZES) offrent une panoplie d’incitations attractives pour séduire les investisseurs. Ces mesures incluent une exonération fiscale et douanière pendant dix ans, une clause de stabilité pendant 15 ans, ainsi qu’un accès sécurisé au foncier par le biais d’un bail emphytéotique. Les investisseurs bénéficient également de la garantie de droits de propriété intellectuelle, d’une assistance au recrutement de personnel local qualifié, et d’une protection contre la nationalisation et l’expropriation.
Les autorités mettent également en avant un guichet unique pour simplifier les démarches administratives, un aspect souvent considéré comme essentiel pour attirer les capitaux étrangers dans un pays en développement. Selon Mme Rolande, ces mesures visent à établir une atmosphère compétitive et pérenne pour les affaires, tout en réduisant les obstacles bureaucratiques.
Vers une expansion stratégique
Au-delà des zones déjà en cours, la directrice a aussi révélé des projets plus vastes pour les années à venir. Entre 2025 et 2030, l’AAZES prévoit le déploiement progressif de sept nouvelles ZES à travers le territoire tchadien. Ces zones, qui s’appuieront sur des infrastructures modernes et adaptées, intégreront des éléments d’innovation, de numérisation et de durabilité.
« Notre priorité demeure l’emploi des jeunes et des femmes. Notre ambition est de bâtir un Tchad industriel, inclusif et compétitif, tant au niveau régional qu’international », a ajouté Mme Rolande, réaffirmant l’engagement du gouvernement en faveur de l’égalité des chances sur le marché du travail.
Un appel à l’engagement collectif
Suite à ces annonces, Mme Kaye Marie Rolande a lancé un vif appel aux investisseurs, bailleurs de fonds et acteurs privés. Elle les a exhortés à soutenir cette dynamique économique nouvellement impulsée par le Président de la République, affirmant que « les Zones Économiques Spéciales du Tchad sont ouvertes, prêtes et sécurisées ».
L’AAZES, un établissement public à caractère industriel et commercial, est ainsi placée sous la tutelle du ministère du Commerce et de l’Industrie. Sa mission consiste à administrer, planifier, promouvoir et superviser le développement des Zones Économiques Spéciales sur tout le territoire national.
Cette ambition de transformation économique soulève des espoirs pour le Tchad, un pays qui cherche à diversifier son économie traditionnellement centrée sur l’agriculture et l’exploitation des ressources naturelles. Les efforts mis en avant par l’AAZES pourraient constituer un tournant décisif pour encourager l’industrialisation et stimuler l’emploi, notamment pour la jeunesse du pays.
S’il reste à voir comment ces projets seront reçus par la communauté internationale, l’engagement du gouvernement tchadien à créer un environnement propice à l’investissement semble prometteur pour les décennies à venir.