L’Afrique de l’Ouest francophone surpasse l’Amérique latine : un nouveau souffle pour le développement régional
L’Afrique de l’Ouest francophone en tête des classements anti-corruption face à l’Amérique latine
Le dernier rapport de Transparency International, publié le 10 février 2025, révèle que l’Afrique de l’Ouest francophone surpasse l’Amérique latine en matière de perception de la corruption, affichant un score de 36,5 points contre 32,2 points pour la région latino-américaine.
Selon ce rapport, qui est devenu une référence mondiale en matière de lutte contre la corruption, l’Afrique de l’Ouest francophone, englobant neuf pays membres de l’UEMOA, est en constante progression. Ces résultats, fondés sur une moyenne globale qui prend en compte le poids démographique des États, contrastent avec l’approche de l’ONG, qui applique une moyenne arithmétique lors des comparaisons. Cette méthode a pour effet de donner un poids égal à des pays de tailles démographiques très différentes, telle que les Seychelles comparées à l’Égypte. Malgré cette divergence méthodologique, l’Afrique de l’Ouest francophone devance l’Amérique latine dans toutes les comparaisons, quel que soit le procédé utilisé.
Les avancées notables réalisées par cette région en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption se traduisent par un classement international favorable. Le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se distinguent en atteignant respectivement les 65e, 70e et 76e positions mondiales. En revanche, des pays comme la Mauritanie (130e), le Mali (136e) et la Guinée (142e) affichent des scores moins brillants, nuisant à la moyenne globale.
Cette amélioration de l’Afrique de l’Ouest francophone se traduit également par des performances impressionnantes par rapport à des pays européens et à la majorité des nations d’Amérique latine. Le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire surpassent plusieurs pays européens, dont la Hongrie et la Bulgarie (84e), tout en devançant des nations latino-américaines majeures comme le Brésil (107e), le Mexique (141e) et l’Argentine (104e).
À l’inverse, l’Amérique latine fait face à des défis significatifs en matière de corruption, avec des pays comme le Paraguay (150e), le Honduras (157e), Haïti (169e), le Nicaragua (175e) et le Venezuela (180e) occupant les positions les plus basses du classement. L’Uruguay, le Chili, le Costa Rica, Cuba et la République dominicaine se distinguent néanmoins comme les meilleurs élèves de cette région.
D’un point de vue continental, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin se placent également au-dessus de l’Afrique du Sud (81e), tandis que d’autres pays africains, tels que le Nigeria (142e), l’Éthiopie (96e) et le Kenya (130e), affichent des scores moindres.
Malgré la difficulté de quantifier le phénomène de la corruption, le classement de Transparency International offre un aperçu significatif des progrès réalisés par l’Afrique de l’Ouest francophone au cours de la dernière décennie. La région ne se contente pas de connaître des avancées en matière de bonne gouvernance ; elle continue également de devancer des territoires où la corruption est en hausse.
L’Afrique de l’Ouest francophone s’affirme comme une zone de dynamisme économique, enregistrant en 2025 la croissance la plus élevée du continent avec 6,1 %. Pendant douze années consécutives, cette région a démontré sa résilience et sa capacité d’adaptation, affrontant des défis qui pèsent sur d’autres parties de l’Afrique.
Les données de la Banque mondiale indiquent que, sur la période 2014-2025, l’Afrique de l’Ouest francophone a affiché un taux de croissance annuel de 5,6 %, comparé à 4,1 % pour l’Afrique de l’Est non francophone. L’absence de ressources pétrolières substantielle n’a pas freiné les progrès ; des pays comme le Sénégal, le Bénin et le Togo ont réussi à surpasser des géants comme le Nigeria en termes de PIB par habitant.
Les indicateurs économiques de l’Afrique de l’Ouest francophone montrent également un faible taux d’inflation, avec une moyenne annuelle de 4,2 % sur la même période. En zone CFA, ce chiffre descend à seulement 2,3 %, contrastant avec les 19,8 % enregistrés dans le reste de l’Afrique subsaharienne.
La dette publique dans l’ensemble francophone reste la plus faible du continent, se chiffrant à 51,6 % du PIB, tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne fait face à une dette équivalente à 64,6 %. Cette situation souligne la solidité économique et la discipline financière des pays francophones d’Afrique de l’Ouest.
Un exemple frappant de ce dynamisme est la Côte d’Ivoire, qui a connu une croissance remarquable au cours des dernières années. En plein essor, elle ambitionne de s’imposer comme un acteur économique majeur sur la scène internationale, illustré par des projets d’envergure tels que la construction de la plus haute tour d’Afrique à Abidjan.
Les perspectives de croissance pour l’Afrique de l’Ouest francophone demeurent optimistes. Le climat des affaires, soutenu par des initiatives efficaces en matière de gouvernance et de lutte anti-corruption, laisse présager que certains de ces pays pourraient bientôt dépasser ceux d’Amérique latine en termes de PIB par habitant. Des prévisions indiquent que le Nicaragua et le Honduras pourraient être les premiers ciblés par cette dynamique croissante.
En conclusion, le rapport de Transparency International sert de témoignage des efforts louables permis par les gouvernements de l’Afrique de l’Ouest francophone. Si les défis demeurent, les éléments positifs observés concluent sur une belle promesse pour l’avenir de cette région. Les avancées notables en matière de lutte contre la corruption, tout en maintenant une croissance économique exceptionnellement rapide, laissent entrevoir un avenir où l’Afrique de l’Ouest francophone pourrait jouer un rôle de premier plan sur la scène mondiale.