L’Afrique du Sud intensifie ses projets gaziers pour sécuriser son avenir énergétique
L’Afrique du Sud Accélère le Développement de ses Ressources Gazières
Le ministre sud-africain des Ressources minérales et pétrolières, Gwede Mantashe, a déclaré que le pays allait intensifier ses efforts pour développer ses propres ressources gazières et améliorer l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), afin de pallier la dépendance croissante vis-à-vis des approvisionnements en provenance du Mozambique.
Lors du Forum du G20 sur les investissements énergétiques en Afrique, organisé à Johannesburg le 21 novembre, Mantashe a souligné l’importance d’accéder aux ressources gazières nationales. « Nous continuerons à développer les infrastructures pour intégrer de nouveaux gisements et fournir du gaz à l’Afrique du Sud », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que l’autosuffisance est la solution à long terme pour le pays.
Actuellement, l’Afrique du Sud dépend à 90 % du gaz naturel importé via le gazoduc ROMPCO, qui relie les gisements de Pande et Temane au Mozambique sur une distance de 865 kilomètres. Avec la société Sasol, spécialisée dans l’énergie et les produits chimiques, envisageant de prioriser sa production interne à partir de la mi-2026, le gouvernement sud-africain accélère le développement des infrastructures et l’exploration nationale pour sécuriser de nouveaux approvisionnements gaziers et renforcer la résilience énergétique nationale.
Pour répondre à la pénurie de gaz, des mesures concrètes sont déjà en cours. Le gouvernement a prévu de mettre en service une unité flottante de stockage et de regazéification à Matola, au Mozambique, d’ici la mi-2026, ainsi qu’un terminal de GNL à Richards Bay, en Afrique du Sud, attendu pour 2027. De plus, des projets sont en développement pour construire de nouveaux gazoducs afin d’intégrer les découvertes offshore du bassin d’Orange à l’infrastructure nationale.
Mantashe a également souligné la nécessité de réformes réglementaires pour faciliter l’exploration des ressources offshore et lever les moratoires en vigueur dans les bassins du Karoo et de l’Orange. Ce dernier bassin, qui abrite des découvertes significatives telles que Brulpadda et Luiperd, possède un potentiel considérable pour réduire les importations gazières, stimuler la croissance économique et créer des emplois. Le ministre a indiqué qu’un développement efficace de ces ressources pourrait débloquer des milliards d’investissements dans les secteurs pétrochimique et énergétique.
« Forez, fore, fore », a ajouté le ministre, en insistant sur l’absence de restrictions légales concernant l’exploration et l’exploitation des ressources pétrolières et gazières en Afrique du Sud. Il a affirmé que si le pays parvenait à faire des avancées significatives dans ce domaine, cela entraînerait une croissance exponentielle du PIB, affirmant avec conviction que « notre peuple ne respirera jamais d’air frais dans l’obscurité ».
Ces initiatives renforcent la stratégie de l’Afrique du Sud pour atteindre l’autosuffisance énergétique, d’autant plus que les marchés mondiaux du GNL sont actuellement en proie à une volatilité importante et que la demande intérieure de gaz est en hausse constante. L’engagement du gouvernement pour développer ses ressources gazières nationales apparaît comme une mesure nécessaire, tant sur le plan économique qu’environnemental, dans un contexte où les enjeux énergétiques prennent une importance croissante à l’échelle mondiale.
L’évolution des politiques énergétiques de l’Afrique du Sud pourrait ainsi non seulement changer la donne sur le marché intérieur, mais également influencer les relations commerciales avec les pays voisins, en particulier le Mozambique, qui est un fournisseur clé de gaz pour la région. Le gouvernement sud-africain semble donc déterminé à redéfinir sa stratégie énergétique tout en se positionnant comme un acteur majeur dans le secteur énergétique en Afrique.
Ainsi, alors que le pays se tourne vers un avenir énergétique plus autonome, il reste à voir comment ces changements seront mis en œuvre et quels impacts ils auront sur le quotidien des Sud-Africains et sur l’économie nationale dans son ensemble.