L’Afrique s’affirme au CIIE : des produits innovants pour des partenariats fructueux.
L’Afrique se fait une place à l’Exposition internationale d’importation de Chine
Du 5 au 10 novembre 2025, la ville de Shanghai accueillera la huitième édition de la China International Import Expo (CIIE), une plateforme incontournable destinée à promouvoir les produits et services mondiaux. Pour cette édition, un nombre record d’exposants africains fera le déplacement, témoignant de l’attrait croissant du marché chinois pour les produits du continent.
Le 28 octobre, un envoi d’expositions pesant 4,7 tonnes a été réceptionné au port de Shanghai, mettant en avant des produits emblématiques tels que le vin sud-africain, le thé et les fruits secs. En amont de l’expo, les autorités chinoises ont mis en place des mesures douanières spécifiques afin de garantir une entrée rapide des marchandises. Cette initiative vise à faciliter l’accès au marché chinois, de plus en plus prisé par les producteurs africains.
Depuis le lancement de cette exposition en 2018, l’événement a joué un rôle essentiel dans l’ouverture de la Chine sur le monde et a permis de transformer son immense marché, qui compte plus de 1,4 milliard d’habitants, en une opportunité de croissance pour divers secteurs économiques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les sept précédentes éditions du CIIE ont généré plus de 500 milliards de dollars de promesses d’achats, illustrant la signification de ce rendez-vous pour le commerce mondial.
Cette année, l’événement s’étendra sur plus de 430 000 mètres carrés et accueillera plus de 4 100 exposants venus de 155 pays. L’augmentation significative de la participation africaine, avec la présence de 17 pays, indique une volonté claire dEXposer les richesses du continent, allant des produits agricoles aux biens fabriqués. Des produits phares tels que le soja nigérian, les ananas béninois et le café burundais seront en vedette, renforçant l’intérêt de nombreux acheteurs chinois pour la diversification de leurs importations.
Le CIIE a aussi permis des débouchés commerciaux inattendus, comme en témoigne la montée en popularité des noix de cajou nigérianes, qui, autrefois méconnues des consommateurs chinois, connaissent aujourd’hui un engouement sans précédent grâce à cette plateforme. Par ailleurs, des produits moins connus, comme les piments séchés rwandais, ont vu leur production se développer de manière exponentielle depuis leur introduction sur le marché chinois en 2021, bénéficiant directement aux agriculteurs locaux.
Pour 2025, l’accent sera mis sur l’extension des zones réservées aux produits africains et le lancement d’une plateforme de commerce électronique transfrontalier, permettant aux entreprises africaines d’accéder à un public encore plus vaste. Dès le 1er décembre 2024, la Chine a annoncé la suppression des droits de douane sur 100 % des lignes tarifaires pour les pays les moins avancés avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, comprenant 33 nations africaines. Cette initiative vise à renforcer les échanges économiques et à soutenir la croissance des exportations africaines.
Dans ce contexte, le café arabica burundais a récemment fait son entrée sur le marché chinois, avec une expédition de 38,4 tonnes envoyées directement à la Chine, marquant une première dans les relations commerciales entre les deux pays grâce au régime tarifaire favorable. Des entreprises burundaises ont déjà signé des contrats dépassant les 900 tonnes, générant des revenus significatifs pour l’économie locale.
Les chiffres révélés par le ministère chinois du Commerce confirment que, depuis le lancement des mesures tarifaires favorables, les importations en provenance des pays africains les moins avancés ont franchi la barre des 21,42 milliards de dollars, soit une augmentation de 15,2 % par rapport à l’année précédente. Cela témoigne du dynamisme et de l’évolution des échanges entre la Chine et le continent africain.
La présence accrue des entreprises africaines à la CIIE souligne également l’importance croissante de ce marché pour les entrepreneurs africains. Selon Hassan Mohammed, commissaire au commerce du bureau consulaire du Nigeria à Shanghai, la foire a été un tremplin pour de nombreux acteurs économiques. À la dernière édition, 13 des 16 entreprises nigérianes avaient conclu des accords, dont un contrat significatif de 1,2 million de dollars pour l’exportation de fèves de cacao.
Ce renforcement des partenariats commerciaux entre la Chine et l’Afrique se concrétise par des initiatives locales, où les entreprises africaines collaborent avec des acteurs chinois pour optimiser leur production. En 2024, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint 295,6 milliards de dollars, marquant une progression de 4,8 % par rapport à l’année précédente. Cela fait de la Chine le premier partenaire commercial de l’Afrique, solidifiant ainsi son rôle clé dans les échanges internationaux.
Pour conclure, le CIIE ne se limite pas à l’exposition de produits mais représente un véritable pont vers l’avenir pour les entreprises africaines, leur permettant de développer leurs marchés, de créer des emplois et d’accéder directement aux consommateurs chinois. Cette dynamique de coopération entre les deux régions ouvre de nouvelles perspectives prometteuses pour les années à venir.