l’AILC suspend la vente des actifs de la SONACIM : quel avenir pour le groupe CIMAF ?
Suspension de la cession des actifs de la SONACIM par l’AILC
L’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) a annoncé, le 10 février 2026, la suspension immédiate de la cession des actifs de la Société Nationale de Ciment (SONACIM) au groupe CIMAF.
Dans une lettre adressée au directeur général de la SONACIM depuis N’Djamena, l’AILC a précisé qu’une mission d’investigation et de contrôle avait été déployée afin d’examiner la gestion des ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise, ainsi que le processus de cession des actions. Cette initiative a été mise en place en application d’un ordre de mission daté du 9 février 2026, dans le but de scrutiniser en détail les méthodes entourant le transfert des actifs de la société cimentière.
Par ailleurs, l’AILC a ordonné l’interruption totale de toutes les opérations de cession jusqu’à la validité des investigations en cours. Dans sa correspondance, l’autorité a écrit : « Il vous est demandé de suspendre tout le processus de cession des actifs de la SONACIM au groupe CIMAF jusqu’à la conclusion des investigations. »
En supplément, l’AILC a encouragé la direction de la SONACIM à prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter le travail de l’équipe d’investigation actuellement présente au sein de l’entreprise. Le document a été signé par Ousman Mama Dou Afrono, directeur général des investigations et du contentieux de l’AILC.
La décision de l’AILC s’inscrit dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont devenues des enjeux cruciaux pour les institutions publiques et privées. Les soupçons de corruption et de mauvaise gestion, souvent soulevés dans les secteurs d’État, attirent une attention particulière de la part des citoyens et des acteurs économiques. La suspension pourrait également redonner confiance aux partenaires potentiels et aux investisseurs en garantissant une évaluation juste et approfondie de la situation de la SONACIM.
Ce développement rappelle les engagements récents du gouvernement à améliorer la responsabilité dans la gestion des ressources publiques et à renforcer les mécanismes de contrôle. Dans un environnement marqué par de fortes attentes sociales et une vigilance accrue sur la conduite des affaires publiques, le suivi des travaux de l’AILC sera scruté de près, tant par les médias que par le public.
Avec cette démarche, l’AILC semble vouloir afficher sa détermination à lutter contre toute forme de corruption et à assurer une gestion saine au sein des entreprises publiques. Le suivi des conclusions de cette enquête pourrait avoir des répercussions significatives sur l’avenir de la SONACIM et sur la perception du climat des affaires au Tchad.