L’Algérie adopte une loi historique criminalisant la colonisation française
L’Algérie a adopté une loi historique incriminant la colonisation française
Le Conseil de la Nation algérien a approuvé, ce dimanche, un projet de loi crucial qui criminalise la colonisation française, marquant ainsi une étape significative dans la reconnaissance des souffrances endurées entre 1830 et 1962.
Ce texte législatif, déjà ratifié par la Chambre basse le mois précédent, transforme en crime la domination coloniale qu’a subie l’Algérie. Présenté comme un moyen de préserver la mémoire nationale et d’honorer les sacrifices consentis durant cette période difficile, ce projet de loi a suscité un large consensus au sein du parlement algérien.
En décembre 2025, l’Assemblée populaire nationale a adopté à l’unanimité une version préliminaire du texte, qui réclamait des excuses officielles de la France ainsi que la reconnaissance du droit de l’Algérie à recevoir des réparations. Toutefois, le président Abdelmadjid Tebboune a par la suite clarifié que l’objectif principal de l’Algérie n’était pas de percevoir une compensation financière, mais plutôt d’obtenir une reconnaissance officielle des actes commis par la France.
Pour pallier les divergences entre les deux chambres parlementaires, une commission mixte a été constituée afin d’élaborer un texte consensuel. La version finale ratifiée a décidé d’écarter les dispositions stipulant des réparations générales ainsi que les demandes d’excuses formelles, tout en conservant celles concernant les victimes des essais nucléaires français au Sahara.
Dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les deux nations, exacerbées par des différentes sur des questions d’immigration et de soutien au Maroc concernant le Sahara occidental, cette loi vient cristalliser un moment clé dans les relations algéro-françaises. Le président Tebboune a affirmé que le dialogue direct avec Emmanuel Macron restait indispensable pour surmonter ces divergences.
Il est à rappeler qu’en 2021, le président français avait reconnu que la colonisation algérienne constituait un « crime contre l’humanité », sans toutefois formuler des excuses officielles. Cette reconnaissance ouvre un espace pour le dialogue, bien que les attentes algériennes se concentrent désormais sur un processus de reconnaissance plus formel et partagé.