L’Algérie adopte une loi révisée sur la colonisation française : un pas décisif

Le Parlement Algérien Approuve une Version Révisée de la Loi sur la Colonisation Française

Le parlement algérien a validé lundi une version modifiée de la loi condamnant la colonisation française, en supprimant les demandes d’excuses officielles et de réparations globales.

Les députés algériens ont approuvé, le 9 mars, cette version amendée, alors que l’article réclamant des compensations pour les victimes des essais nucléaires reste inchangé. Ce développement marque-t-il une évolution dans les relations franco-algériennes ?

La loi, adoptée en décembre par l’Assemblée populaire nationale, attribue à l’État français la responsabilité juridique de son passé colonial et des tragédies associées. Le Conseil de la nation avait cependant exprimé des réserves sur des clauses essentielles, notamment celles concernant les excuses et réparations.

Faouzi Bendjaballah, rapporteur de la commission paritaire qui a révisé le texte, justifie ces modifications en affirmant l’inébranlable position de l’Algérie : malgré le sacrifice de millions de martyrs, la nation ne sacrifiera pas sa mémoire pour des avantages matériels. Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, a précédemment revendiqué la reconnaissance des crimes de la France, décrétant que l’Algérie ne cherche pas de compensations financières.

Par ailleurs, le nouveau texte redéfinit la collaboration des harkis comme une trahison, abandonnant le qualificatif de « haute trahison ». La question de la colonisation reste une source majeure de tensions entre Paris et Alger. L’occupation française, amorcée en 1830, a été marquée par de violentes répressions et une douloureuse guerre d’indépendance qui, selon l’Algérie, a coûté 1,5 million de vies.

Cette législation a été votée en pleine crise diplomatique à la suite de la reconnaissance par la France en 2024 d’un plan d’autonomie pour le Sahara occidental. Bien que les relations demeurent tendues, un timide réchauffement a été observé en février avec la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez.

Ce retour sur l’histoire coloniale et ses conséquences reste un sujet sensible, qui exige un équilibre entre mémoire et diplomatie.