L’APLFT met en lumière l’importance des documents d’état civil dans la Nya-Pendé pour renforcer les droits des citoyens.
Des communautés de la Nya-Pendé en quête de reconnaissance juridique
De nombreuses familles dans les localités de Kobiteye et Danamadja, situées dans le département de la Nya-Pendé, province du Logone Oriental, continuent de faire face à des défis majeurs liés à l’absence de documents d’état civil.
Une situation alarmante
Cette crise, qui touche profondément la vie quotidienne des habitants, se manifeste par l’impossibilité pour les enfants d’accéder à l’éducation. Les jeunes adultes, quant à eux, se retrouvent avec un avenir incertain, ne pouvant envisager des études supérieures ou saisir des opportunités d’emploi. Parallèlement, les ménages se voient exclus des services financiers, ce qui complique encore leur situation.
Pour ceux engagés dans des Activités Génératrices de Revenus (AGR) ou membres d’Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC), l’absence de documents adéquats constitue un véritable frein. En effet, cette situation limite non seulement la sécurisation de leurs économies, mais entrave aussi leur accès aux offres des institutions de microfinance.
À ces soucis s’ajoutent des restrictions sur la circulation. Sans pièces d’identité, de nombreux bénéficiaires du projet NexSud rencontrent des obstacles pour vendre leurs produits sur les marchés locaux. Certains peinent même à acquérir des denrées de première nécessité ou des semences, en raison des contrôles d’identité nombreux dans les postes de sécurité.
Un enjeu fondamental
Derrière ces difficultés, se cache un enjeu central : l’absence de documents essentiels à la reconnaissance juridique et à l’exercice de droits fondamentaux. Pour répondre à ces besoins exprimés par les communautés, le projet FADECIV, financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par l’APLFT avec le soutien de Caritas Suisse et de l’ANATS, a intensifié ses actions de sensibilisation.
Ces campagnes, qui attirent régulièrement des centaines de participants, visent à informer sur l’importance de l’acte de naissance et les risques associés à l’apatridie. Elles abordent également le rôle et les procédures pour obtenir la carte nationale d’identité.
Des actions concrètes sur le terrain
Le 26 mars 2026, une séance à Kobiteye a rassemblé près de 700 personnes, majoritairement des femmes, suivie d’une autre session à Danamadja, où entre 500 et 600 participants étaient présents.
À travers des échanges interactifs, des microprogrammes audio en langues locales et des outils pédagogiques visuels, les équipes transmettent des messages clairs concernant l’importance de ces documents. Les retours des participants montrent une prise de conscience croissante : nombre d’entre eux réalisent que l’acte de naissance est essentiel pour obtenir une identité juridique, un accès à l’éducation et la prévention de l’apatridie. De plus, la carte d’identité, loin d’être un simple document, apparaît comme une clé pour accéder à l’emploi, aux services financiers et pour se déplacer librement.
Un impact mesurable
« À travers ces activités, nous constatons une nette amélioration des connaissances des bénéficiaires. De plus en plus de personnes manifestent leur désir de régulariser leur situation en obtenant leurs documents d’état civil », explique Mounbaye Ngodro, chef de projet à l’APLFT. Ce constat positif résonne avec les témoignages des participants ; l’une d’elles déclare : « Grâce aux séances d’information de l’APLFT, nous sommes désormais prêtes à déclarer tous nos enfants et à commencer les démarches pour faire valoir nos droits. »
Ces initiatives s’inscrivent dans un objectif ambitieux : la délivrance de 18 000 documents d’état civil pour les personnes retournées et les communautés d’accueil. Cet objectif souligne la volonté de passer de la sensibilisation à des résultats tangibles et durables.
Des thématiques variées abordées
Les activités de sensibilisation continuent d’évoluer, en abordant diverses thématiques telles que les procédures pour obtenir ou remplacer des documents, les droits qui y sont associés, ainsi que les démarches administratives à suivre. Un accent particulier est mis sur les personnes retournées, y compris les femmes et les jeunes, tout en prenant en compte les besoins spécifiques des communautés d’accueil.
Obtenir un acte de naissance ne se limite pas à une simple formalité administrative. Il s’agit d’une reconnaissance fondamentale du droit de chaque individu à exister pleinement, renforçant ainsi le tissu social de ces communautés.
Face à ces enjeux complexes, les efforts mis en œuvre par le projet FADECIV soulignent l’importance d’une reconnaissance juridique pour des millions de personnes aux aspirations oubliées.