Le Conseil National de Redressement du Tchad se refonde avec un nouveau président intérimaire

Le CNR Annonce une Refondation pour Renouveler ses Engagements

Le Conseil National de Résistance (CNR), fondé en 1992 par le colonel Abbas Koty Yacoub, a dévoilé un manifeste ambitieux visant à réorienter ses activités et à moderniser ses structures, tout en rendant hommage à ses figures historiques.

Issu d’un héritage de lutte contre l’oppression et l’injustice, le CNR souligne l’importance de l’héritage d’Abbas Koty ainsi que celui d’autres héros nationaux comme Hassan Djamous et Maldoum Bada Abbas. Le texte adopté insiste sur la nécessité de reconnaître ces figures emblématiques pour leur contribution à la lutte pour la liberté au Tchad. L’objectif principal du CNR, selon le manifeste, est de promouvoir la politique comme un outil pour le bien commun, marqué par des valeurs éthiques et morales fondamentales.

Une Refondation en Quatre Axes

Le manifeste illustre une volonté affirmée de rénovation, axée sur l’adaptation du mouvement face aux évolutions sociales et politiques contemporaines. Ce projet de refondation, structuré autour de quatre axes principaux, vise à :

  1. Moraliser la vie politique et restaurer l’éthique publique.
  2. Consolider la réconciliation nationale et renforcer la paix.
  3. Moderniser les structures internes du CNR.
  4. Participer de manière active au processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) découlant de l’Accord de Doha.

Dans cette démarche, le CNR met également en avant la lutte contre le népotisme, la corruption et le clanisme, tout en réaffirmant son attachement aux valeurs de liberté, de souveraineté et de justice sociale.

Une Gestion Critique

Le manifeste ne se limite pas à des aspirations, mais propose également un diagnostic sévère concernant la gestion récente du mouvement. Il évoque en particulier l’échec du président intérimaire, M. Béchir Nassir Hissein, qui a été accusé d’avoir paralysé le CNR pendant trois ans. En conséquence, une décision officielle a été prise pour l’exclure définitivement du mouvement pour “abus de confiance” et “incompétence notoire”.

Dr Abdel Aziz Abdallah Kodok a été désigné comme président par intérim, investi de pouvoirs élargis pour restaurer l’unité et préparer un congrès national extraordinaire, une étape jugée essentielle pour la transformation du mouvement.

Création d’une Direction Politique Provisoire

Pour faciliter cette transition, le CNR a mis en place une Direction Politique Provisoire (DPP) composée de diverses parties prenantes, incluant des sages, des jeunes, des étudiants et des représentants de la diaspora. Cette structure est responsable de plusieurs missions cruciales :

  • Mettre en œuvre le programme de réforme.
  • Moderniser le mouvement.
  • Préparer le congrès national à venir.
  • Assurer le suivi de l’Accord de Doha.

Un Appel à l’Unité Nationale

Au-delà de ses enjeux internes, le CNR a réaffirmé l’urgence de l’unité et de la solidarité parmi le peuple tchadien. Dans un contexte marqué par des crises politiques dans plusieurs pays voisins, le manifeste rappelle que le Tchad émerge d’une transition fragile, où l’unité nationale est devenue cruciale. Le CNR a exprimé sa volonté de collaborer avec les autorités dans le cadre du processus de paix, ce qui souligne une ouverture au dialogue.

Vers une Renaissance du Mouvement

La publication de ce manifeste témoigne d’une volonté de renaissance pour le CNR après plus de trois décennies de conflits internes. Loin de se limiter à la résistance, le mouvement aspire désormais à changer de cap, favorisant l’action collective et démocratique. "De la résistance à la construction, de la confrontation à la proposition", conclut le texte, marquant une nouvelle étape pour le CNR.

Signé à N’Djamena le 22 octobre 2025, ce manifeste représente un tournant déterminant pour le mouvement, sous la direction du Dr Abdel Aziz Abdallah Kodok, qui se positionne non seulement comme un leader par intérim, mais aussi comme le porte-parole d’une vision renouvelée.