Le GCAP critique l’interdiction d’une commémoration pour Yaya Dillo au Tchad
Accusations contre le régime du président Mahamat Idriss Deby Itno par le GCAP
Le Groupe de concertation des Acteurs politiques (GCAP) a sévèrement critiqué le gouvernement du président Mahamat Idriss Deby Itno à la suite d’une interdiction policière d’une commémoration le 28 février 2026, en l’honneur de l’opposant décédé Yaya Dillo Djerou Betchi.
Le rassemblement, destiné à se tenir dans un espace commercial et annoncé deux jours à l’avance, a été empêché par une forte présence policière sur ordre du ministre de la Sécurité publique. Le GCAP, par la voix de son porte-parole Max Kemkoye, accuse le gouvernement de restreindre toute possibilité de débat public et de gestion pacifique de la dissidence. Le communiqué déclare que cet événement visait à commémorer Dillo Djerou Betchi, reconnu par l’opposition comme un "martyr de la liberté". Le groupe condamne ce qu’il décrit comme une tentative manifeste d’étouffer toute activité politique en dehors du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti au pouvoir.
Le GCAP qualifie le régime actuel de "dictature implacable" et souligne que l’opposition continue de subir des interdictions d’événements, des détentions arbitraires, des enlèvements et des assassinats depuis l’instauration de l’état d’urgence permanent en août 2023. Ces accusations reflètent un climat politique tendu au Tchad, où la scène politique est dominée par le parti au pouvoir, les autorités ne tolérant qu’une opposition limitée.
Des témoins rapportent l’utilisation de la force policière pour disperser les participants à la commémoration, avec des incidents de violence rapportés. Par ailleurs, Kemkoye a évoqué des "balles perdues" qui auraient causé la mort de civils innocents, ainsi que des pressions accrues sur les dirigeants des partis membres du GCAP.
L’événement s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre le gouvernement et les groupes d’opposition, déjà exacerbées par une ordonnance d’état d’urgence controversée, qui restreint gravement les libertés civiles et politiques. Depuis le début de cette mesure, les organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé des inquiétudes quant à l’érosion de la démocratie au Tchad.
En conclusion, l’appel du GCAP est clair : il exhorte la communauté internationale et les citoyens engagés à soutenir leurs efforts pour restaurer la démocratie au Tchad. Maintenir un espace politique ouvert et libre est essentiel pour garantir que le processus démocratique fonctionne effectivement dans le pays.