Le grand retour stratégique du GCAP en politique

Évaluation du retrait politique au Tchad par le GCAP

Le Groupe de Concertation des Acteurs politiques (GCAP) a tenu une évaluation publique à N’Djamena, évoquant son retrait des activités politiques amorcé en octobre 2025. Cette initiative avait pour thème « Tchad, pays fragilisé : quelles perspectives de lutte politique pour sa survie ? ».

L’événement a été ouvert par Pr Avocksouma Djona, président du parti Les Démocrates et membre influent du GCAP. Il a retracé les raisons de cette décision drastique, soulignant la « mort de la démocratie » dans le pays. Djona a critiqué la faiblesse structurelle de l’État face à des défis croissants, justifiant ainsi le retrait du groupe.

Un réquisitoire sévère contre le régime

Lors de cette évaluation, le GCAP a sévèrement condamné le climat politique actuel sous le régime en place. Le rassemblement a dénoncé une atmosphère de « terreur politique » marquée par des assassinats non élucidés d’opposants, prenant pour exemple celui de Yaya Dillo Djérou en 2024. Selon le groupe, ces actions cherchent à réduire au silence toute voix dissidente et à étouffer la conscience politique collective, plongeant la société dans la peur et l’apathie.

La coopération militaire et le renseignement avec la France ont également été critiqués par le GCAP. Ils ont insinué que ce partenariat soutient le pouvoir militaire en place, ce qui complique davantage la lutte pour la démocratie.

Restrictions des libertés

Le rapport de l’évaluation s’est articulé autour de l’étouffement des libertés fondamentales et du processus démocratique. Le GCAP a cité de nombreuses obstructions : surveillance des opposants, interdictions d’accès à certains lieux pour les partis d’opposition, et utilisation de technologies comme les drones pour suivre les mouvements des dissidents. Le groupe a aussi dénoncé l’inaccessibilité aux médias publics, affirmant qu’ils sont utilisés à des fins de propagande.

Dans son plan en trois axes, le GCAP a aussi mis en lumière les répercussions économiques et sociales délétères découlant de cette situation après leur retrait. Ces pratiques aggravent une précarité déjà alarmante pour la population tchadienne.

Vers une stratégie renouvelée

Badono Daigou, un membre clé du GCAP, a indiqué que leur retrait est une étape stratégique pour revitaliser les contre-pouvoirs. Il a affirmé que le GCAP étudie de nouvelles stratégies pour défendre les droits des Tchadiens face à ce qu’il qualifie de « terrorisme d’État ».

La réunion s’est conclue sur une note de détermination de la part du GCAP, qui a annoncé son retour actif sur la scène politique en vue de continuer ses actions en faveur de la démocratie au Tchad. Cette évaluation publique incarne une phase importante pour repenser et renforcer leurs actions futures face à un paysage politique extrêmement tendu.

Un retour attendu sur la scène politique

Cette démarche du GCAP illustre une volonté de ne pas céder face aux pressions, et de poursuivre la lutte pour des changements positifs dans le pays. La voie reste incertaine, mais leur engagement réaffirmé pourrait redonner espoir à ceux qui souhaitent voir un Tchad plus stable et démocratique.