Le ministre de l’Éducation nationale défend ses réformes devant le Sénat

Réformes de l’éducation au Tchad : des mesures urgentes annoncées par le ministre Choroma

Le Ministre de l’Éducation Nationale et de la Promotion Civique, Aboubakar Assidick Choroma, a récemment présenté un éventail de mesures destinées à remédier aux problèmes chroniques du secteur éducatif, tels que les arriérés de salaires des maîtres communautaires et la dégradation des infrastructures scolaires.

Lors d’une réunion qui s’est tenue au sein de son ministère, le ministre a insisté sur l’importance d’agir rapidement pour répondre aux préoccupations des acteurs de l’éducation. Parmi les sujets discutés, les arriérés de salaires des maîtres communautaires ont été une priorité. Choroma a annoncé la mise en place d’une mission conjointe qui associe son département, le Ministère des Finances et l’Inspection Générale d’État, chargée d’actualiser les fichiers des bénéficiaires. Cette initiative vise à établir un mécanisme accéléré de décaissement, avec une ligne budgétaire spécifique l’impactant directement dans le collectif budgétaire 2025.

Outre les questions financières, le ministre a évoqué une réforme curriculaire ambitieuse. Cette dernière vise à moderniser les programmes scolaires en intégrant des compétences essentielles telles que l’entrepreneuriat, le leadership et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Une telle réforme est perçue comme indispensable pour préparer les jeunes Tchadiens aux défis futurs et enrichir leur éducation académique.

Des moyens matériels sont également mis en œuvre pour soutenir cette réforme. Plus de 32 000 tablettes ont été acquises, destinées à la formation continue des enseignants. Un partenariat avec la société HUAWEI a été signé dans le cadre du projet "Tchad Connexion 2030", soulignant une volonté de modernisation du système éducatif.

Malgré ces progrès, la question des infrastructures reste préoccupante. Le ministre a annoncé la construction de 2 800 salles de classe, ainsi que de 24 collèges et 8 centres d’éducation de base non formelle (CBNF). Ces travaux font partie intégrante des projets SMARTED et ALAPAJ, qui visent à améliorer la qualité de l’éducation au Tchad. En parallèle, une nouvelle approche "École verte et numérique" a été introduite, intégrant notamment l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’énergie solaire dans les établissements scolaires, reflétant un engagement vers un avenir plus durable.

Choroma a également mis en lumière la Stratégie Nationale de l’Éducation des Enfants des Éleveurs Nomades et Insulaires (SNEENI). Celle-ci prévoit la création de 5 écoles primaires nomades pilotes, implantées sur des routes de transhumance, ainsi que l’élaboration d’une cartographie des établissements nomades. Cette initiative vise à garantir que les enfants nomades aient accès à l’éducation, une question cruciale pour un pays aussi diversifié que le Tchad.

Cependant, le ministre a soulevé une préoccupation majeure : le sous-financement qui touche le secteur éducatif. Dans ce contexte, il a plaidé pour l’importance des Partenariats Techniques et Financiers (PTFs) afin d’accompagner les réformes mises en place. Il a appelé à un financement additionnel pour assurer la mise en œuvre efficace des projets éducatifs, soulignant que sans un soutien financier important, les ambitions du gouvernement risquent de rester lettre morte.

Le ministre a réitéré l’engagement de son gouvernement à transformer le système éducatif tchadien en un moteur de développement inclusif et durable, malgré de nombreux défis structurels et financiers.

En somme, cette série de mesures et de réformes pourrait marquer un tournant significatif pour le secteur éducatif au Tchad, où le besoin d’actions concrètes et de soutien international est plus crucial que jamais.