Le Sénat prend des mesures concrètes pour garantir la couverture sanitaire universelle

Un Pas en Avant Vers la Couverture Sanitaire Universelle au Tchad

Le Tchad avance dans la mise en place de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), lors d’une session inaugurée par la 2ᵉ Vice-présidente du Sénat, Mme Lydie Béassemda.

Cette rencontre, qui s’est tenue sous la présidence de Mme Béassemda, a rassemblé des sénateurs, des représentants du gouvernement et divers partenaires techniques et financiers. L’objectif était de dresser un bilan des avancées réalisées, d’identifier les défis à surmonter et de réfléchir aux perspectives d’avenir de la CSU.

Les Fondements de la CSU

M. Sing-Yabé Barnabas, Directeur Général de la Caisse Nationale d’Assurance Santé (CNAS), a lors de son discours exposé les étapes déjà franchies dans cette initiative. Il a mis en avant le cadre juridique solide qui soutient la CSU, constitué des lois 035-2019 et 026-2020. Ce cadre a permis de fonder la CNAS et l’Agence Nationale de Régulation (ANAR-CSU), qui ordonne trois régimes d’assurance :

  1. Le régime contributif pour les salariés.
  2. Le régime contributif pour les travailleurs indépendants.
  3. L’Assistance Médicale pour les personnes en situation de précarité (AMED).

M. Sing-Yabé a également annoncé qu’un Plan Quinquennal (2024-2028) a été adopté par le gouvernement pour assurer un déploiement progressif de la CSU.

Lancement de la Phase Pilote d’AMED

La première étape concrète du déploiement de la CSU est la phase pilote du régime AMED, qui cible les populations les plus vulnérables dans trois districts sanitaires : Abéché, Bongor et Danamadi. Pendant cette phase, la CNAS a réalisé plusieurs actions, comme :

  • L’identification et l’immatriculation des bénéficiaires.
  • La mise en place de conventions avec différents établissements de santé.
  • La prise en charge de certains patients afin d’assurer un accès effectif aux soins.

Défis à Surmonter

Malgré ces avancées notables, M. Sing-Yabé a mis en lumière des défis structurels persistants. Parmi eux figurent l’absence de textes d’application nécessaires, le besoin d’une mutualisation efficace des financements et l’importance de réussir une déconcentration des services de santé. Il a appelé les sénateurs à jouer un rôle clé dans ce chantier national en engageant des actions sur quatre fronts :

  1. Législation : Passer les lois et textes indispensables pour fixer les fondations du système.
  2. Contrôle : Superviser les actions gouvernementales pour garantir une mise en œuvre sans faille.
  3. Sensibilisation : Informer et mobiliser le public afin d’assurer une large adhésion au projet.
  4. Plaidoyer Budgétaire : Argumenter pour des budgets stables et équitables consacrés à la santé.

M. Sing-Yabé a souligné l’importance de considérer la CSU non seulement comme un projet gouvernemental, mais comme un choix sociétal crucial. Il a insisté sur son rôle en tant que pilier fondamental de la justice sociale et de la cohésion nationale.

L’Engagement du Sénat

Dans cette dynamique, Mme Lydie Béassemda a réitéré l’importance du Sénat dans la défense des intérêts des collectivités. Elle a mis en avant l’engagement du Sénat en faveur d’une CSU effective et pérenne. Un dispositif institutionnel a été mis en place pour assurer le suivi et l’accompagnement de cette initiative, en alignant les actions avec le Plan National de Développement "Tchad Connexion 2030". Cet engagement s’articule autour de quatre axes principaux :

  1. Renforcement du rôle législatif.
  2. Renforcement des fonctions de contrôle stratégique.
  3. Mobilisation sociale accrue.
  4. Une impulsion territoriale déterminante.

Vers une Réalité Tangible

En conclusion, Mme Béassemda a insisté sur la nécessité de ne pas laisser la Couverture Sanitaire Universelle être un simple slogan, mais de la transformer en une réalité tangible pour chaque citoyen, dans chaque province et chaque communauté du Tchad.