Le Tchad domine le marché des graines en 2025 avec 77 % de parts, un enjeu vital pour l’agriculture régionale.
Les exportations du Cameroun : une dynamique influencée par le Tchad
Les récentes analyses sur le trafic portuaire au Cameroun, publiées par la plateforme PAKAZURE, mettent en lumière des dynamiques d’exportation importantes pour l’année 2025, marquées par une forte dépendance aux volumes en provenance du Tchad.
Les données recueillies portent sur les exportations de graines, où un volume total de 111 126 équivalents vingt pieds (EVP) a été enregistré aux ports de Douala et de Kribi. Pour l’année 2025, cette activité se distingue par l’influence prépondérante du Tchad, dont les flux d’exportations intensifiés engendrent des défis significatifs sur les infrastructures logistiques camerounaises, particulièrement durant les campagnes saisonnières.
Ce tableau des exportations se dessine autour d’un réseau de corridors reliant les principales zones d’exportation. Les ports de Douala et Kribi jouent un rôle clé dans l’acheminement des marchandises vers le Tchad, la République centrafricaine et le Congo, structurant ainsi le commerce régional. Une part majeure du volume échangé provient du Cameroun, qui représente environ 74 % des exportations totales avec 82 497 EVP, les produits phares étant le bois, le cacao et les fruits.
L’analyse avait également révélé une répartition inégale des types de marchandises. Ainsi, le bois et le charbon constituent la majorité des exportations, totalisant 50,1 % des envois. Le cacao suit avec 16 %, suivi des fruits (13,6 %), des graines (10,2 %) et du coton (10,1 %). En creusant davantage cette répartition, le Tchad apparaît comme un acteur stratégique, notamment pour les graines, qu’il exporte à hauteur de 13 352 EVP. Ce volume correspond à 77 % des exportations de graines en provenance de cette région pour le premier trimestre, marquées par une dynamique particulièrement soutenue.
Dans ce contexte, la République centrafricaine contribue également avec 9 126 EVP, en se spécialisant dans les exportations forestières. Toutefois, cette activité est soumise aux aléas climatiques, ce qui influe sur le rythme des exportations. Par exemple, les variations saisonnières se sont avérées prononcées : au premier trimestre, le volume d’exportation tchadien a été multiplié par trois, limitant les capacités logistiques.
Les interrelations entre les périodes de récolte au Cameroun, notamment pour le cacao, et les activités d’exportation de graines et de coton au Tchad, accentuent les tensions sur les infrastructures logistiques et les capacités des parcs à conteneurs. En effet, le troisième trimestre de 2025 s’annonce plus lent, avec une réduction des exportations en raison de la saison des pluies. Lors de cette période, le volume exporté de bois en provenance de la République centrafricaine a chuté de 50 % par rapport aux chiffres du premier trimestre, atteignant un minimum en août avec seulement 234 unités enregistrées.
Cependant, à l’approche de la fin de l’année 2025, des signes de reprise apparaissent. En décembre, le volume des exportations remonte à 8 927 EVP, soutenu principalement par le bois et le cacao. Face à cette dynamique fluctuante, PAKAZURE a annoncé qu’elle mettra en place des stratégies pour optimiser la gestion des conteneurs vides et améliorer la fluidité des corridors de transport, anticipant ainsi les cycles saisonniers et les pics d’activités.
Les résultats des analyses et projections pour 2025 soulignent l’importance d’une gestion stratégique et réactive des flux d’exportation, non seulement pour le Cameroun, mais aussi pour les pays voisins.