Le Tchad réfléchit à la ratification coordonnée du Protocole de Maputo sur les droits des femmes

Le Tchad en quête de ratification : le Protocole de Maputo au cœur d’une rencontre à N’Djamena

Le 26 février, une réunion significative a eu lieu à la Bibliothèque nationale de N’Djamena visant à explorer le Protocole de Maputo, un instrument clé pour les droits des femmes en Afrique.

Organisée par le ministère de la Justice et des Droits humains en partenariat avec le Centre ODAS, cette session d’information et d’échanges s’est concentrée sur l’importance du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes. Ce texte, adopté en 2003 à Maputo par l’Union africaine, est un jalon important pour l’égalité des sexes, l’accès à la justice, la santé reproductive, et bien d’autres domaines essentiels à la dignité et aux droits des femmes.

Bien que le Tchad ait signé ce protocole en décembre 2004, le pays ne l’a pas encore ratifié, se plaçant parmi les derniers membres de l’Union africaine à le faire. Au cours de la rencontre, Abakar Hassan Abakar de l’ODAS a souligné la nécessité d’une compréhension exhaustive du protocole, dépassant les interprétations simplistes pour embrasser tous les aspects qu’il couvre, notamment l’accès des femmes aux espaces décisionnels et aux droits fonciers. Il a appelé à une harmonisation des pratiques culturelles locales avec les normes africaines, qui ont été élaborées avec la contribution des États membres.

Odile Yamtourbaye du ministère de la Femme et de la Petite Enfance a réaffirmé le rôle central des femmes dans le développement national du Tchad, espérant que cet atelier stimule des idées novatrices et des recommandations concrètes pour avancer.

De son côté, le directeur des Droits de l’homme au ministère de la Justice, Mbaïndigra Valéry, a présenté la rencontre comme une étape essentielle pour une ratification coordonnée du protocole. Insistant sur le fait que cet engagement n’est pas une contrainte extérieure, il a mis en avant son potentiel à aligner la législation nationale avec des politiques publiques renforcées favorables aux femmes.

Malgré des progrès notables au Tchad en matière de droits des femmes, notamment par le biais de politiques et d’un plan d’action contre les violences basées sur le genre, la ratification du Protocole de Maputo est attendue comme un symbole important par beaucoup d’acteurs, tant nationaux que régionaux. Ce processus apparaît comme un moment crucial dans la trajectoire du pays vers un cadre juridique plus inclusif et équitable pour toutes ses citoyennes.