L’Église catholique de Goma introduit la « Caisse Unique » pour garantir la transparence financière des fonds.
Réforme comptable dans l’Église : Une nouvelle ère pour la transparence financière
L’Église de Goma a annoncé une réforme comptable majeure visant à renforcer la transparence et la responsabilité financière des paroisses en instaurant une caisse unique, marquant ainsi un tournant décisif dans la gestion des fonds.
Dans un contexte où la confiance des fidèles a été mise à mal par des suppositions de malversations, cette initiative vise à encadrer les flux financiers des églises de la région. À partir de ce mois, toutes les contributions des croyants, qu’il s’agisse de la dîme dominicale ou de dons exceptionnels, devront transiter par un point de centralisation unique. Ce mécanisme vise à éradiquer les "zones grises" où des irrégularités peuvent se produire avant que les fonds n’atteignent le trésor paroissial.
La réforme repose sur plusieurs principes clés. Premièrement, la centralisation des flux financiers permet de considérer la comptabilité paroissiale comme l’unique canal valide pour les transactions. Un système qui, selon les responsables de l’Église, devrait simplifier le suivi des revenus et garantir leur affectation correcte. Secondement, la séparation des pouvoirs est inscrite dans cette nouvelle architecture. Les prêtres, qu’ils soient curés ou abbés, pourront se concentrer sur leurs missions spirituelles, tandis que des laïcs et des experts financiers prendront en charge la gestion de la caisse. Cela vise à réduire les risques d’influence personnelle ou de comportements peu éthiques liés à la manipulation d’argent.
Un autre caractère essentiel de la réforme est l’instauration obligatoire des reçus. Chaque don doit désormais faire l’objet d’un reçu officiel, permettant un audit rigoureux des entrées financières par rapport aux déclarations faites par les paroisses. Cette mesure s’inscrit dans une démarche de validation systématique des contributions, garantissant une traçabilité totale des fonds.
Cette réforme ne se limite pas à une simple mise à jour des procédures financières. Elle répond à un besoin urgent de restaurer une véritable culture de la redevabilité au sein des institutions religieuses. En formalisant le processus de versement, l’Église de Goma vise à s’assurer que les fonds collectés par le biais des Actions de Grâce servent effectivement à l’entretien des infrastructures religieuses et que les Dons atteignent réellement ceux qui en ont besoin dans le cadre des œuvres sociales et caritatives.
Le diocèse de Goma considère cette initiative comme un message fort envoyé à la société civile congolaise : même les institutions religieuses s’engagent activement dans la lutte contre la corruption et la promotion d’une bonne gouvernance. À un moment où la transparence est plus cruciale que jamais dans la gestion des ressources, cette réforme rappelle qu’un traitement sérieux des contributions des fidèles est essentiel à la préservation de la confiance des membres de la communauté.
En somme, cette réforme représente une avancée significative pour le diocèse, mais aussi un précédent pour d’autres institutions liées à la société civile en République Démocratique du Congo. La mise en place de protocoles stricts en matière de gestion financière pourrait bien inspirer d’autres organisations à adopter des pratiques similaires. Les fidèles, soucieux de l’impact de leurs dons, pourront désormais avoir une assurance concrète que chaque franc congolais versé contribuera effectivement à l’essor de leur communauté.
Ce tournant dans la gestion financière de l’Église fait écho à des initiatives récentes d’autres organisations cherchant à renforcer leur intégrité face à des préoccupations grandissantes quant à l’utilisation des fonds. La transparence, la traçabilité et la responsabilité semblent désormais être au cœur des priorités de l’Église de Goma. C’est une étape décisive pour redéfinir les rapports de confiance entre les institutions et les citoyens, renforçant ainsi la légitimité des actions menées sur le terrain au bénéfice des plus démunis.