« L’énergie renouvelable face aux promesses et aux délestages : un défi crucial pour l’avenir »

Coupures d’électricité : une réalité persistante qui handicape le Tchad

À N’Djamena et au-delà, les coupures d’électricité sont devenues fréquentes, perturbant la vie quotidienne des citoyens et freinant la croissance économique du pays.

Depuis son arrivée au pouvoir, Mahamat Idriss Deby Itno a placé l’accès à l’électricité et à l’eau au centre de ses préoccupations. Ces deux services essentiels figurent parmi les priorités du programme présidentiel, articulé autour des « 12 chantiers et 100 actions ». L’objectif est double : moderniser les infrastructures et optimiser la distribution pour répondre à une demande croissante, en particulier dans les centres urbains.

Dans son discours pris le 31 décembre 2025, le président a souligné le caractère urgent de l’accès à ces services fondamentaux. Il a insisté sur l’idée que l’accès à l’électricité et à l’eau est indispensable non seulement pour garantir la dignité des citoyens, mais aussi pour favoriser le développement économique du pays.

Sans un approvisionnement énergétique fiable, l’industrialisation devient un projet difficile à envisager, tout comme le soutien aux petites et moyennes entreprises ou l’amélioration des conditions dans les établissements de santé et les écoles.

Des conséquences de plus en plus lourdes sur la vie économique

Les coupures d’électricité entraînent des temps d’arrêt qui pèsent lourdement sur l’économie locale. À N’Djamena, les interruptions fréquentes impactent divers secteurs, notamment ceux qui dépendent de la chaîne du froid, comme les boulangeries et les cybercafés. Les artisans, en raison d’un approvisionnement irrégulier, voient également leur productivité se détériorer.

Dans les foyers, la situation est tout aussi alarmante. Les familles doivent composer avec des coupures imprévisibles, souvent longues, ce qui complique le fonctionnement des appareils électroménagers. Cela nuit à la conservation des aliments et rend les nuits difficiles, surtout en période de chaleur intense.

À l’intérieur du pays, la crise est encore plus marquée. De nombreuses localités restent dans l’obscurité, le manque d’accès à l’électricité exacerbe les inégalités de développement et freine l’essor économique des régions éloignées.

Réformes engagées, résultats absents

Pour remédier à cette situation, les autorités ont mis en place plusieurs réformes, dont la transformation de la Société nationale d’électricité en Tchad LEC. Cette initiative vise à améliorer la gouvernance du secteur, à renforcer les capacités techniques et à attirer davantage d’investissements.

Néanmoins, les effets sur le terrain semblent encore lents à se manifester. En dépit des annonces ambitieuses et des projets en cours, les coupures d’électricité demeurent persistantes, alimentant un sentiment de méfiance au sein de la population. Beaucoup s’interrogent sur la capacité des réformes à engendrer des changements durables dans un secteur longtemps marqué par des défis structurels.

Parmi les obstacles à surmonter figurent l’obsolescence des infrastructures et le manque d’entretien des équipements. De plus, la dépendance aux énergies fossiles reste une préoccupation majeure. Toutefois, le Tchad dispose d’un atout important : son potentiel en énergie solaire, qui pourrait constituer une alternative viable pour répondre aux besoins énergétiques du pays.

Un enjeu clé pour l’avenir économique du Tchad

L’énergie est bien plus qu’un simple service ; elle représente un levier stratégique pour le développement national. En l’état actuel, les ambitions économiques du Tchad risquent de rester cantonnées sans un accès fiable à l’électricité. La réussite du programme présidentiel repose en grande partie sur la capacité des autorités à résoudre cette problématique énergétique.

Si l’électricité figure parmi les priorités nationales, elle représente également l’un des défis majeurs à relever. Tant que les coupures d’électricité continueront de peser sur le quotidien des Tchadiens, les promesses de modernisation et de développement risquent de ne pas convaincre. L’urgence d’agir et de trouver des solutions efficaces se fait donc sentir.