Les citoyens face à l’urgence des enjeux collectifs : repenser nos responsabilités ensemble.
Une crise d’assainissement qui perturbe N’Djamena : Quartiers en souffrance
Des secteurs de la capitale tchadienne, tels que Ridina, Dembé, Chagoua, Abena et Diguel, ainsi que le marché à mil, sont confrontés à une grave problématique de gestion des déchets. Les habitants témoignent d’une détérioration significative des conditions de vie, due à l’accumulation des ordures dans les espaces communs, générant nuisances olfactives et sanitaires.
Ousmane Idriss, un résident du quartier de Diguel, exprime son désarroi face à la situation. Selon lui, son quartier est devenu une véritable décharge à ciel ouvert. « Chaque soir, des personnes viennent déposer des déchets derrière chez nous. L’odeur empoisonne notre quotidien, surtout à cause de la proximité avec un marigot », raconte-t-il. Ce sentiment d’abandon est partagé par de nombreux habitants, qui se sentent de plus en plus envahis par l’incivisme ambiant.
Le phénomène ne se limite pas à de simples dépôts d’ordures : certaines personnes, circulant dans des véhicules haut de gamme, jettent directement leurs déchets sur la voie publique, accentuant ainsi un comportement que beaucoup jugent irresponsable. Cette attitude négligente met en lumière le contraste manifeste entre la prise de conscience nécessaire et les actes contraires qui persistent dans ces quartiers.
L’initiative du "Samedi citoyen"
Face à cette crise, la mairie de N’Djamena a mis en place une initiative baptisée "Samedi citoyen". Depuis plusieurs semaines, cette opération vise à mobiliser les habitants, quels que soient leur âge et leur statut, à participer à des activités de nettoyage chaque samedi. Les autorités locales ont même imposé aux commerçants de ne pas ouvrir avant 10 heures, afin de les inciter à prendre part à ces efforts de salubrité.
Malgré cette initiative, l’adhésion des citoyens à ces opérations reste timide. En effet, de nombreux commerçants préfèrent rester inactifs devant leurs boutiques, attendant simplement l’heure d’ouverture plutôt que de contribuer à l’assainissement de leur environnement immédiat. Ce manque d’engagement soulève des questions sur la capacité des responsables à mobiliser efficacement la population.
Vers un changement durable
Pour favoriser une amélioration réelle, il est essentiel que les autorités locales renforcent leurs efforts de sensibilisation aux enjeux de l’hygiène publique. L’installation de panneaux d’information aux intersections, accompagnés de messages d’interdiction concernant le dépôt sauvage d’ordures, pourrait s’avérer une mesure efficace. De plus, il serait judicieux de créer des points de collecte de déchets dans les zones stratégiques afin de rendre leur élimination plus accessible.
Une solution innovante a récemment vu le jour avec l’émergence d’éboueurs indépendants qui parcourent les quartiers en utilisant des pousse-pousse pour collecter les déchets directement des habitations avant de les acheminer vers des centres de transfert. Ce modèle non seulement améliore la propreté des espaces de vie, mais offre également aux collecteurs une source de revenus.
En appui à cette initiative, le maire de N’Djamena, Senoussi Hassana Abdoulaye, a remis un premier lot de pousse-pousse aux éboueurs indépendants le 4 novembre 2025. Cette action s’inscrit dans un cadre plus large de gestion durable des déchets, visant à soutenir les acteurs locaux et à promouvoir un cadre de vie salubre pour tous les résidents.
Conclusion
La situation préoccupante de l’assainissement à N’Djamena soulève des enjeux cruciaux pour la qualité de vie des habitants. Bien que des initiatives soient mises en place pour remédier à cette crise, la mobilisation des citoyens et des commerçants est indispensable pour atteindre des résultats significatifs. La prise de conscience collective et l’engagement communautaire seront des éléments déterminants pour revaloriser ces quartiers et garantir un environnement sain pour les générations futures.