Les Émirats s’engagent dans le rail Tchad-Cameroun

Les Émirats arabes unis renforcent le projet ferroviaire entre le Tchad et le Cameroun

L’Office national des chemins de fer du Tchad et Etihad Rail, l’opérateur ferroviaire des Émirats arabes unis, ont signé un accord de coopération à Abou Dhabi pour relancer un projet ferroviaire stratégique en Afrique centrale. Ce projet ambitieux vise à créer une liaison ferroviaire entre N’Djamena, capitale du Tchad, et le port de Douala au Cameroun.

Lancé il y a près de dix ans, le projet avait jusque-là stagné. Grâce au soutien technique et financier des Émirats arabes unis, l’initiative pourrait enfin voir le jour, partant du terminal ferroviaire de Camrail à Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua.

Trois tracés sont actuellement en cours d’évaluation, selon une étude de faisabilité financée par la Banque africaine de développement (BAD) et présentée en avril 2024. Chaque option présente des coûts et des itinéraires différents :

  1. Le premier itinéraire relierait Ngaoundéré à N’Djamena via Garoua, Maroua et Kousseri, avec un coût estimé à 4 829 milliards de FCFA.
  2. Le second pourrait suivre l’axe Ngaoundéré–Moundou–Kélo–Bongor–N’Djamena, nécessitant un investissement de 2 988 milliards de FCFA.
  3. Le troisième, traversant Garoua, Figuil, Kéré, Pala, Kélo, et Bongor, aurait un budget de 4 948 milliards de FCFA.

Les options initiales, moins longues, comprenaient un tracé de 400 km reliant Ngaoundéré à Moundou, coûtant environ 1 160 milliards de FCFA, et un autre de 1 400 km passant par Garoua et Maroua, évalué à 1 400 milliards de FCFA.

L’arrivée d’Etihad Rail pourrait accélérer les décisions sur ce projet crucial pour les échanges commerciaux entre le Tchad et le Cameroun. La collaboration entre les deux pays avait débuté par un accord stratégique signé en 2014, visant à renforcer leur interconnexion ferroviaire.

En plus de stimuler le développement économique, le projet est perçu comme une opportunité de raffermir les liens régionaux et d’encourager l’intégration économique dans cette partie de l’Afrique.

Ce développement s’inscrit dans un contexte où les besoins en infrastructures de transport sont cruciaux pour favoriser le commerce intra-africain et soutenir la croissance économique des deux nations. En outre, avec le soutien des Émirats arabes unis, on espère surmonter les défis techniques et financiers qui ont entravé le projet jusqu’ici.

L’accent est mis sur une réalisation efficace de ce corridor ferroviaire, qui est essentiel non seulement pour le Tchad et le Cameroun, mais également pour toute la région d’Afrique centrale. Le succès de ce projet pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives similaires sur le continent, renforçant ainsi le potentiel de croissance économique africaine.