Les forces italiennes de la MISIN à l’abri des combats à Niamey, un soulagement en pleine crise régionale.

350 soldats italiens sécurisés à Niamey : la Mission bilatérale de soutien au Niger sous tension

Les 350 soldats italiens déployés à l’aéroport de Niamey, dans le cadre de la Mission bilatérale de soutien à la République du Niger (MISIN), sont confirmés sains et saufs après les violents échanges de tirs survenus récemment.

Dans une déclaration faite le 29 janvier 2026, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a précisé que les forces italiennes n’avaient pas été impliquées dans les événements qui ont secoué la nuit précédente. La clarification a pour but de rassurer les familles et les proches des militaires présents sur place, alors que la situation sécuritaire au Niger se complique.

La MISIN, instaurée en 2018, a pour objectif d’assister et de former les forces de sécurité nigériennes dans leur combat contre le terrorisme, en se concentrant particulièrement sur la région du Sahel. L’initiative inclut des volets logistiques, l’utilisation de drones, ainsi que des missions de renseignement. Cette opération militaire représente aujourd’hui la dernière présence occidentale significative au Niger, un pays qui a connu un coup d’État en 2023, décrivant une rupture des relations avec des partenaires traditionnels comme la France et les États-Unis.

Les soldats italiens sont affectés à la Base aérienne 101, située à proximité de l’aéroport civil, qui a été le site central des récentes hostilités. Le climat de tension est palpable dans une région en proie à des insurgences terroristes croissantes.

S’exprimant sur la situation, le ministre Crosetto a insisté sur la priorité accordée à la sécurité du personnel militaire italien. Il a déclaré : « La priorité absolue reste la sécurité du personnel italien et de nos militaires de la Mission italienne de soutien au Niger, qui ne semblent avoir été impliqués d’aucune manière. Je suis en contact constant avec le Chef d’État-Major de la Défense et les services de renseignement pour suivre la situation. » Des médias tels que Rivista Italiana Difesa, La Croix, TV5Monde, et Agenzia Nova ont corroboré ces déclarations, affirmant que les troupes italiennes n’ont subi ni perte ni dommage.

L’incident a eu lieu aux environs de minuit et a impliqué des échanges de tirs intensifs, des explosions, ainsi que l’utilisation présumée de drones et de motocyclettes par les assaillants. Le général nigérien Abdourahamane Tiani a indiqué un bilan officiel faisant état de quatre militaires blessés et de vingt assaillants neutralisés, dont un se serait révélé être de nationalité française. L’organisation État islamique (EI) a revendiqué cette attaque le 30 janvier, comme en témoigne le rapport de SITE Intelligence.

Le général Tiani a par ailleurs remercié les "partenaires russes", notamment Africa Corps/Wagner, pour leur soutien lors des opérations de réponse, tout en accusant des pays comme la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’être en lien avec des groupes de mercenaires.

L’Italie continue de surveiller attentivement la situation, bien que ses troupes ne soient pas engagées directement dans les opérations militaires au Niger. Pour l’heure, aucune évacuation ni retrait n’est prévu, mais la vigilance est de mise dans un contexte où les relations entre le Niger et l’Occident sont tendues, en raison notamment d’un rapprochement croissant avec la Russie.

La présence italienne au Niger soulève des interrogations et des préoccupations, d’autant plus que les hostilités et les actes de violence sont en nette augmentation. Le pays est désormais confronté à des enjeux de sécurité inédits, exacerbés par un climat géopolitique complexe.

Dans ce cadre, le ministère de la Défense italien a mis en place des canaux de communication pour tenir le public informé des évolutions concernant les missions militaires à l’étranger. Les responsables s’engagent à assurer une transparence maximale tout en protégeant les intérêts de sécurité nationale.