Les radios sous pression mondiale : RSF tire la sonnette d’alarme
À l’Aube de la Journée mondiale de la radio, RSF sonne l’alarme sur les menaces pesant sur les radios mondiales
Alors que le 13 février marque la Journée mondiale de la radio, Reporters sans frontières (RSF) exprime de vives inquiétudes. L’organisation met en lumière la situation critique des radios, particulièrement vulnérables aux agressions, aux actes de censure et aux difficultés économiques aux quatre coins du globe.
Un bastion de l’information sous pression
Historiquement résiliente, la radio reste souvent le seul vecteur d’information accessible durant les coupures d’internet et dans les zones de conflit. Toutefois, cette résilience en fait une cible privilégiée pour ses détracteurs. Les radios subissent des fermetures arbitraires, des actes d’intimidation, et des attaques directes, allant de pillages à des violences physiques, menant parfois à des assassinats. Ces actes de violence visent non seulement à réprimer l’information, mais aussi à faire taire les voix critiques.
RSF attire l’attention sur plusieurs régions particulièrement touchées. Aux Philippines, par exemple, quelque 90 animateurs radio ont trouvé la mort en l’espace de quatre décennies. C’est le cas tragique d’Erwin Segovia, abattu en juillet 2025. Dans l’est de la République démocratique du Congo, entre 2024 et 2025, plus de 25 radios communautaires ont été pillées ou contraintes de fermer leurs portes, certains journalistes ayant rencontré une fin tragique aux mains de groupes armés comme le M23.
Des situations critiques à travers le globe
Dans la région du Sahel, et en particulier au Mali, les journalistes de radios communautaires sont fréquemment enlevés ou tués, illustré par le meurtre d’Abdoul Aziz Djibrilla en 2023. En Afghanistan, la censure imposée par les talibans a conduit à l’interdiction des voix féminines à l’antenne et à la suspension de stations telles que Radio Begum.
Aux États-Unis, les coupes budgétaires sous l’administration de Donald Trump ont fragilisé les financements publics accordés à NPR et PBS, et ont menacé l’existence de médias internationaux comme Voice of America et Radio Free Europe/Radio Liberty. Cette situation compromet l’accès à des informations cruciales dans des régions au régime répressif.
Au Brésil, les radios locales sont soumises à des pressions croissantes dues à la déforestation et aux conflits territoriaux en Amazonie. En Europe, l’indépendance et le financement des radios publiques sont préoccupants dans des pays tels que la Lituanie, la Tchéquie, la Suisse et le Liechtenstein.
Le rôle clé des radios en temps de crise
En Ukraine, malgré les bombardements des tours de transmission et les brouillages de fréquences par la Russie, les radios locales continuent de diffuser près du front. Au Soudan, la guerre civile a conduit à la fermeture ou au contrôle strict de presque toutes les radios locales.
La directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, souligne l’urgence d’une prise de conscience globale pour protéger ces médias essentiels. « Les radios communautaires sont plus que de simples canaux d’information. Elles jouent un rôle crucial contre la désinformation et favorisent la cohésion sociale », insiste-t-elle.
Conclusion
Face à ces multiples menaces, la situation des radios à travers le monde nécessite une attention soutenue et des actions concrètes pour garantir leur survie et leur indépendance. En cette Journée mondiale de la radio, l’urgence de sauvegarder ces précieux relais d’information ne fait que croître, rappelant leur importance inestimable pour le maintien de la liberté d’expression et la démocratie.