Les travaux de la route Djoumane-Laï reprennent, mais des défis persistent

Introduction

Le 18 janvier 2025, à travers les vastes paysages de la province de la Tandjilé, une mission essentielle se déroulait. Menée par Mahamat Adam Togou, le Directeur Général Adjoint des Infrastructures des Transports, cette visite de supervision des travaux de la route Djoumane-Laï est révélatrice des défis et des espoirs qui caractérisent l’évolution des infrastructures en milieu rural. Avec un taux de développement routier qui reste insuffisant dans de nombreuses régions d’Afrique, chaque projet comme celui-ci revêt une importance capitale, non seulement pour la connectivité locale, mais aussi pour la promotion de la croissance économique et sociale. Cette mission, bien que marquée par des retards et des manques, témoigne d’une volonté indéniable de relancer et d’achever des travaux cruciaux.

État des Lieux

Lors de cette tournée de supervision, une réalité très concrète a été mise en lumière : l’entreprise CGCOC Group, récemment remobilisée, fait face à des actes de gestion conservateurs. Bien que les travaux aient repris, leur rythme reste en deçà des attentes. La mission de contrôle, dirigée par LABOGECP, a relevé des éléments significatifs.

Avancement des Travaux

Les équipes déployées sur le terrain sont actuellement concentrées sur le reprofilage de la plateforme routière, une étape cruciale pour garantir la sécurité et la durabilité de la route. Deux équipes sont en action, s’échelonnant entre les points kilométriques 62 et 82. Ce travail de reprofilage vise à restaurer la surface de la route, souvent endommagée par les intempéries et le passage des véhicules, ce qui est essentiel pour assurer une circulation fluide et sécuritaire.

Problèmes d’Équipement

Cependant, l’équipe de contrôle a noté un manque crucial d’équipements sur le chantier. Au moment de l’évaluation, seulement quelques machines étaient disponibles, à savoir :

  • 2 bulldozers
  • 2 niveleuses
  • 2 compacteurs vibrants
  • 1 chargeur
  • 2 camions-bennes
  • 1 citerne à eau

Cette pénurie de matériel soulève des préoccupations quant à la capacité de l’entreprise à respecter les délais de construction et à terminer le projet dans les temps impartis.

Instructions et Engagements

Face à ces constatations, des mesures claires ont été recommandées pour inciter l’entreprise à un retour à l’efficacité. Des instructions fermes ont été émises pour :

  • Renforcer les équipes et les matériels : Il est impératif que CGCOC Group augmente le nombre de ses travailleurs ainsi que ses équipements afin de finaliser le reprofilage total du linéaire d’ici le 4 février 2025.
  • Remobiliser les engins nécessaires : Un délai de dix jours a été accordé pour s’assurer que tous les engins requis soient remis en service.

Ces engagements sont cruciaux pour garantir un avancement rapide et adéquat des travaux.

Observations à la Base Technique

Lors de la visite à la base technique de CGCOC, plusieurs observations préoccupantes ont été notées :

  1. Vétusté des engins : De nombreux équipements sur site sont jugés obsolètes, ce qui pourrait nuire à l’efficacité des opérations.
  2. Absence de personnel clé : L’entreprise a également été rappelée au besoin d’aligner ses ressources humaines, avec une absence notable de l’Ingénieur Qualité et du Responsable Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE) sur le chantier. Leur retour est impératif au plus tard le 28 janvier 2025, afin d’assurer le respect des normes de qualité et de sécurité sur le site.

Approvisionnement en Matériaux

L’approvisionnement de matériaux représente un autre défi significatif. Voici les éléments clés à considérer :

  • État d’inaccessibilité des sites d’emprunt : En raison des conditions géographiques et des pluies, l’exploitation des emprunts a été empêchée, ce qui retarde la livraison des matériaux nécessaires. La situation est aggravée par l’expiration des autorisations d’exploitation délivrées par le Ministère des Mines, freinant ainsi la progression globale du chantier.

  • Réglementations strictes : Des orientations ont été données à la Mission de Contrôle pour surveiller l’utilisation des engins déjà en fonction et limiter le déplacement de toute machine vers un autre chantier sans l’accord préalable de l’administration. Ce dispositif vise à optimiser les ressources et à éviter les retards.

Critique Constructive

Face à ces constats, il est évident que des efforts supplémentaires doivent être déployés pour améliorer la situation. La combinaison d’une mobilisation insuffisante des ressources, à la fois matérielles et humaines, doit être prise très au sérieux.

Solutions potentielles

  1. Augmentation de l’investissement matériel : Un appel à des partenaires privés ou internationaux pourrait permettre d’accroître le parc de machines à disposition, ce qui permettrait d’accélérer les travaux.

  2. Formation des équipes existantes : Au-delà de l’augmentation du personnel, former le personnel technique aux meilleures pratiques de construction pourrait améliorer l’efficacité des opérations tout en garantissant la sécurité.

  3. Révision des délais : En tenant compte des défis logistiques et des ressources, il peut être judicieux de revoir les délais annoncés pour permettre une mise en œuvre réaliste des travaux, afin d’éviter la précipitation et les mauvaises pratiques.

Conclusion

La mission de surveillance menée le 18 janvier 2025 représente une étape incontournable dans le développement des infrastructures routières de la province de la Tandjilé. Malgré les défis rencontrés, cette initiative témoigne d’une volonté de rendre les routes plus sûres et plus accessibles.

Le chemin vers la modernisation des infrastructures est semé d’embûches, mais avec des actions correctives et un engagement fort de toutes les parties prenantes, l’achèvement de la route Djoumane-Laï pourrait ouvrir la voie à une véritable transformation régionale. Les voies de communication efficaces sont l’épine dorsale du développement économique, et il est impératif de s’engager à garantir que ces projets voient le jour.

En tant que citoyens, entreprises ou autorités, il est de notre responsabilité collective d’encourager cette dynamique de progrès. Ensemble, nous pouvons contribuer à construire un avenir où les routes ne sont pas seulement des lignes sur une carte, mais des chemins vers des opportunités et des espoirs renouvelés.