L’Union européenne s’inquiète de l’avenir des parcs africains après la rupture des accords avec African Parks Network.
L’Union européenne suspend les subventions au Grand Écosystème Fonctionnel de Zakouma
L’Union européenne a annoncé la suspension des subventions allouées au Grand Écosystème Fonctionnel de Zakouma (GEFZ) et à la Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi (RNCE), suite à la résiliation des accords de partenariat entre le ministère tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable (MEPDD) et African Parks Network (APN).
Déroulement des faits
Les tensions sont apparues récemment lorsque le MEPDD a décidé de mettre un terme aux accords avec APN, un établissement chargé de la gestion des projets environnementaux au Tchad. Cette décision, jugée inattendue par l’Union européenne, a été communiquée au ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, par le biais d’une lettre signée par l’ambassadeur de l’UE au Tchad, Przemyslaw Bobak. Dans ce courrier, l’ambassadeur a exprimé de vives inquiétudes concernant la manière dont cette rupture a été gérée, soulignant qu’elle pourrait nuire à la coopération bilatérale en matière de conservation.
La suspension affecte plusieurs conventions de financement, notamment ACT-61334 (NaturA Tchad I), ACT-60586 (NaturAfrica) et ACT-61757 (NaturA Tchad II), qui totalisent près de 20 millions d’euros, ou environ 13 milliards de FCFA. L’UE rappelle que la résiliation des accords contrevient à des dispositions contractuelles fondamentales, notamment à l’obligation de consultation préalable stipulée dans les Conditions générales des conventions de financement.
Les projets concernés incluent des initiatives significatives, telles que le « Appui à la gestion concertée de la Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi » et un projet de conservation intégré pour la région de Zakouma-Aouk, qui combinent la préservation de la biodiversité et la gestion durable du pastoralisme.
Contexte ou impact
La décision de l’Union européenne a des implications considérables non seulement pour la sécurité financière des projets de conservation au Tchad, mais également pour la relation historique entre l’UE et le pays. Depuis 1989, l’Union européenne a investi près de 130 millions d’euros dans la protection de la biodiversité et la gestion durable des aires protégées au Tchad. Ce soutien, selon l’ambassadeur Bobak, repose sur une adhésion forte au sein de l’UE et est essentiel à la continuité de la coopération.
Le risque majeur résultant de cette suspension est la perte de confiance des bailleurs de fonds européens, ainsi que l’incertitude juridique et financière qui peinerait les projets de conservation. Les équipements et infrastructures financés par l’UE devront être sécurisés jusqu’à la résolution de ce conflit. Les partenaires de mise en œuvre sont également tenus de collaborer avec la Commission européenne pour tout type d’assistance logistique ou administrative.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large où la gestion des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité sont des enjeux cruciaux pour le Tchad, un pays souvent exposé à des événements climatiques extrêmes et à des pressions économiques croissantes sur ses écosystèmes. Des organisations internationales s’inquiètent que la cessation de ces projets pourrait avoir des effets à long terme sur les efforts de conservation dans le pays.
Clôture naturelle
L’annonce de la suspension des subventions marque une étape critique pour les projets de conservation au Tchad, faisant peser des incertitudes sur l’avenir de la coopération environnementale entre le Tchad et l’Union européenne. La réponse et les décisions futures des acteurs impliqués dans ces projets détermineront la voie à suivre pour la protection de la biodiversité dans la région.