Lutte contre la traite au Tchad : l’ONU salue les progrès législatifs, des dangers subsistent pour les enfants et réfugiés

Le Tchad, en progrès face à la traite des êtres humains, mais des défis demeurent

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Siobhán Mullally, a tenu une conférence de presse ce jeudi alors qu’elle achevait une visite de dix jours au Tchad, saluant les efforts déployés par le pays pour combattre la traite des êtres humains.

Le Tchad, confronté à une crise humanitaire complexe, a mis en place des mesures importantes, notamment une législation spécifique contre la traite, un plan d’action national et une Commission nationale dédiée. Mullally a souligné l’accueil généreux du Tchad, qui héberge plus de 1,5 million de réfugiés fuyant les conflits régionaux.

Cependant, les défis restent nombreux. Le soutien international limité aux actions humanitaires accroît les risques d’exploitation, en particulier pour les réfugiés. Mullally a alerté sur la situation préoccupante des enfants, soulignant le travail forcé et l’exploitation signalés, notamment dans les zones rurales et le Moyen-Chari. Les mariages précoces persistent malgré leur interdiction légale, et les violences sexuelles continuent d’affecter les filles et jeunes femmes.

La traite à des fins d’exploitation sexuelle est également sous-déclarée, en raison de la stigmatisation des victimes et du climat d’impunité. Les femmes migrantes et des zones rurales restent particulièrement vulnérables, exposées aux abus et restrictions de mouvement.

Mullally a aussi évoqué la corruption et la fragilité de l’État de droit, insistant sur la nécessité d’une réforme profonde du secteur judiciaire pour garantir l’efficacité des efforts de protection.

Face à ces constats, elle a appelé à une mobilisation internationale renforcée et à une coopération accrue entre les autorités tchadiennes, les ONG et les Nations Unies pour une réponse durable et axée sur les victimes.