Mahamat Zène Bada réhabilité : une nouvelle chance après treize ans d’injustice.
L’Assemblée nationale tchadienne approuve l’amnistie générale pour Mahamat Zène Bada
N’Djamena — Ce vendredi, l’Assemblée nationale du Tchad a ratifié à une large majorité le projet de loi accordant une amnistie générale à M. Mahamat Zène Bada, ancien secrétaire général du Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Cette décision a été adoptée par 163 voix pour, 1 contre et aucune abstention.
La ratification de cette amnistie s’inscrit dans un cadre de réconciliation nationale et vise à atténuer les tensions politiques et sociales dans le pays. Le rapport de la Commission politique générale, qui a examiné le texte, souligne que cette ordonnance est le fruit de la volonté du Chef de l’État de promouvoir un climat de paix et de stabilité.
Mahamat Zène Bada a été condamné par la Cour d’appel de N’Djamena en 2012 pour des faits de faux, d’usage de faux et de détournement de deniers publics. Bien qu’il ait déjà bénéficié d’une grâce présidentielle, l’amnistie adoptée va plus loin en annulant les conséquences pénales de sa condamnation et en rétablissant ses droits civiques et politiques.
L’ordonnance ratifiée se compose de quatre articles. Le premier stipule que M. Bada obtient une amnistie pour les faits ayant conduit à sa condamnation. Le deuxième article précise que cette amnistie ne garantit pas son retour automatique à ses anciennes fonctions ni le versement de salaires ou d’avantages antérieurs. Le troisième article protège les droits des victimes, notamment en matière de réparations civiles. Enfin, le quatrième article ordonne la publication de cette amnistie au Journal officiel pour lui donner pleine valeur légale.
Les travaux de cette commission, dirigée par Dr Nasra Djimasngar et Ngarmbatina Lamane, ont été rigoureux. Le Ministre de la Justice a été entendu le 13 octobre 2025 et a mis en avant le caractère légal et symbolique de cette mesure, affirmant qu’elle représente l’engagement du gouvernement pour la réconciliation et une paix durable. Après débat, la commission a conclu que l’amnistie respecte la Constitution et les lois en vigueur, recommandant ainsi son adoption à l’unanimité.
Cette décision marque une étape significative dans le paysage politique tchadien, alimentée par des aspirations à une paix plus pérenne et une résolution des divisions internes. La mise en œuvre de cette amnistie pourrait également influencer les dynamiques au sein du paysage politique et donner un nouveau souffle aux processus de réconciliation dans un pays encore marqué par des tensions et des conflits passés.