Me Sobdibé Zoua révèle les dessous du litige foncier à Massenya

Conflit foncier au Tchad : le cas Hamit Djeki contre Bichara Mahamat Saleh

Lors d’une conférence de presse tenue le 14 avril, l’avocat Me Sobdibé Zoua a clarifié le différend foncier impliquant son client, Hamit Djeki, face à Bichara Mahamat Saleh. Au cœur de cette affaire, une parcelle de 4 508 hectares de terres agricoles dans le canton de Massenya, attribuée au groupement « Absounout » et contestée pour sa légitimité.

L’avocat Me Sobdibé Zoua soutient que la parcelle en question a été remise à Bichara Mahamat Saleh par l’actuel sultan du Baguirmi. Selon la défense de Hamit Djeki, cette attribution soulève des questions de compétence juridique, le sultan n’étant pas habilité à octroyer de telles superficies. Hamit Djeki, qui possède lui-même un terrain par acte du précédent sultan, se retrouve face à une contestation territoriale complexe, perçue par ses conseils comme une campagne de désinformation de la part de ses opposants.

En parallèle des procédures civiles, un volet pénal s’est ajouté après que Hamit Djeki a repris des travaux sur son terrain malgré une interdiction. Cette reprise, qualifiée de mineure, a été interprétée comme un acte de rébellion par Bichara Mahamat Saleh. Me Zoua rappelle que Djeki bénéficie d’un traitement judiciaire spécifique en raison de ses fonctions de magistrat et d’ambassadeur tchadien au Soudan. Pourtant, le Tribunal de grande instance de Dourbali a infligé une peine de trois ans de prison et une amende de 100 millions de FCFA à Djeki. Le transfert du dossier à N’Djaména, exigé par la Cour Suprême, est actuellement en attente.

L’affaire comporte également des accusations de violences physiques sur la parcelle litigieuse. Il est allégué que Bichara Mahamat Saleh, lors d’une visite sur les lieux, a provoqué des tensions qui ont conduit à des altercations, et à la blessure par balle d’un individu nommé Ali. Cette situation a déclenché une enquête judiciaire se traduisant par un mandat d’amener contre Bichara Mahamat Saleh en janvier 2026.

Face à ces accusations, la défense de Hamit Djeki dénonce l’utilisation des médias par la partie adverse pour se présenter comme victime de persécutions judiciaires, ce qu’elle qualifie de mensonges. Tandis que le contentieux juridique se poursuit, cette affaire souligne les tensions autour de l’attribution et de la possession des terres dans la région.